Le bourreau perd la tête

Capeluche se faisant présenter la tête d’un Parisien (illustration du XIXe siècle).

Les épisodes les plus sanglants de la guerre de Cent Ans se sont souvent déroulés à Paris et rarement contre les Anglais. La capitale, enjeu politique de taille, sera tour à tour prise par les Armagnacs et les Bourguignons et chaque changement de direction occasionnera de terribles massacres. Mais la population, affamée, ne sait bientôt plus que se révolter et tuer les chefs des différents partis.
Alors que Jean sans Peur vient de s’emparer du gouvernement de Paris, une épidémie emporte cinquante mille personnes. En juin 1418, le peuple, dirigé par le bourreau Capeluche, se précipite dans les prisons pour y massacrer les Armagnacs, qu’il rend responsables de tous les malheurs.

Le duc de Bourgogne intervient, va même jusqu’à supplier et à serrer la main du bourreau, rien n’y fait… Capeluche paiera cher cet affront : quelques jours plus tard, Jean sans Peur le fait arrêter et décapiter. On raconte que le bourreau « montra lui-même à un valet comme il devait faire pour lui couper le col ».