Le bûcher du Carrousel

Massacre par les révolutionnaires (illustration du XIXe siècle).

Alors que les armées impériales pénètrent en France, le peuple de Paris, encouragé par certains jacobins, est pris d’une véritable folie. Nous sommes alors le 10 août 1792. Exigeant la déchéance du roi, il pénètre aux Tuileries et, emporté par la fureur, massacre les pauvres Suisses assignés à la garde de la famille royale. Le soir même, le peuple peut être satisfait : la monarchie n’est plus.
À Paris même, c’est le triomphe du peuple : Santerre, affectant la simplicité cynique d’un général des faubourgs, pour contraster avec le luxe militaire de La Fayette, parcourt Paris monté sur un lourd cheval noir…
Mais loin des regards, les agents de la commune de Paris, pressés de faire disparaître les traces de sang et les corps des victimes, ont envoyé des hommes de peine au Carrousel pour balayer le champ de bataille.
À minuit, ils dressent d’immenses bûchers où ils jettent les centaines de cadavres qui jonchent le Carrousel, les cours, le vestibule, les appartements. Rangés en silence autour des feux, ces sinistres « balayeurs de sang » attisent le bûcher en y jetant d’autres corps. À l’aube, Suisses et Marseillais, royalistes et républicains, nobles et peuple : tout est consumé…