Le choc de Bouvines

Philippe-Auguste (1180-1223) se dirige, le 27 juillet 1214, vers le nord à la tête des troupes françaises et compte ainsi bloquer l’avance de ses ennemis. Son fils, le prince Louis, a déjà mis en échec le roi d’Angleterre Jean sans Terre (1199-1216) au sud. L’armée française passe le pont de Bouvines qui enjambe la Marck entre Lille et Tournai, quand l’alerte est donnée.
L’arrière-garde subit une brusque attaque et le roi fait faire demi-tour à ses soldats.
Il s’élança à cheval, raconte une chronique, et rangea son armée sur une seule ligne, au centre de laquelle il se plaça avec l’élite de ses chevaliers. En face, on voyait au loin briller l’armure de l’empereur toute étincellante de pierreries.
L’empereur, Othon IV de Brunswick (1198-1218), est un allié de Jean sans Terre. Il est entouré de Ferrand, comte de Flandres, de Renaud de Boulogne et de vassaux révoltés contre le roi de France. La coalition germanique, qui compte cent cinquante mille hommes, s’apprête à écraser les cinquante mille soldats de Philippe-Auguste.
Les troupes sont face à face. Soudain, la cavalerie de Soissons s’élance. À sa suite, l’aile droite française enfonce les Flamands et met à terre le comte de Flandres, qui se rend. Enfin, Philippe-Auguste, donne le signal de l’attaque centrale en se dirigeant vers Othon IV. Malgré la garde des Saxons qui entoure l’empereur, Guillaume de Barres, un chevalier français, désarçonne Othon qui lâche prise et entraîne tout le centre dans sa fuite. Seul Renaud, comte de Boulogne, résiste encore. Blessé, il finit par se rendre à la tombée du jour. Le miracle de Bouvines, date majeure dans l’histoire militaire de la France, immortalise le nom de Philippe II, devenu « Auguste », le « roi victorieux ».