Le cruel baron des Adrets

Le baron des Adrets obligeant un malheureux à se jeter dans le vide.
Le baron des Adrets obligeant un malheureux à se jeter dans le vide.

Le 2 février 1587, mourait en son château de La Frette, en Dauphiné, l’un des plus redoutables et des plus cruels combattants des guerres de religion.
François de Beaumont, baron des Adrets, d’un caractère intrépide et violent, commence sa « carrière » dans les guerres d’Italie mais c’est dans les rangs des réformés puis des catholiques qu’il va acquérir sa sinistre réputation. Pour la réforme, il s’empare de Lyon, Valence, Grenoble, Montélimar, Vienne, Orange puis passe aux côtés des catholiques, combattant avec la même hargne ses propres coreligionnaires. D’une cruauté légendaire, il se fait détester des deux partis et certains épisodes de sa « légende noire » font encore frémir : on raconte en effet qu’il aimait à enterrer ses prisonniers, ne laissant dépasser que la tête, afin que ses soldats puissent jouer aux quilles ! Une autre fois, alors qu’il regardait les prisonniers se jeter du haut d’une plate-forme pendant son dîner, l’un d’eux ayant pris deux fois son élan, le baron s’écrie :
-C’est trop de deux fois !
À quoi le malheureux répond :
-Je vous le donne en dix !
Cette répartie lui sauva la vie.
Arrêté plusieurs fois, condamné à deux reprises, le baron des Adrets retrouva toujours la liberté et se retira en 1572 dans son domaine, où il devait mourir… dans son lit !