Le héros d’un seul peuple

Monnaie portant le portrait présumé de Vercingétorix.
Monnaie portant le portrait présumé de Vercingétorix.

Comme le dit assez justement l’historien Paul Martin, « Vercingétorix est, à quelques nuances près, l’homme d’un seul livre, celui de Jules César, et le héros d’un seul peuple, le peuple français ».
Homme d’un seul livre parce qu’il semble bien que seul Jules César ait trouvé quelque intérêt, que ce soit un intérêt militaire ou, plus vraisemblablement, un intérêt politique, à évoquer le chef arverne.
En effet, pas un historien romain pour ne serait-ce que l’évoquer. Pas une ligne dans les monumentales Histoires de Justin quand le sort même de l’Arverne, celui d’un homme à abattre, aurait du lui valoir quelque estime, une oraison funèbre. Mais Vercingétorix, vaincu à Alésia, était-il vraiment « l’homme à abattre » ? Ou n’était-il qu’un prisonnier encombrant dont le corps martyrisé ne vaudra guère plus que d’être jeté -voué- aux gémonies romaines -lieu où l’on exposait les corps des suppliciés.
En fait, Vercingétorix apparaît plus, au regard de l’histoire, comme le symbole d’un monde déjà révolu : celui de l’unité gauloise et de la puissance arverne.

Lorsque Vercingétorix né à Gergovie, la capitale des Arvernes, la puissance de ces derniers n’est déjà plus qu’un lointain souvenir. Les Belges, au nord, les Romains, au sud, ont fait voler en éclat la toute-puissance arverne. Et c’est à Rome, en 120 avant J.-C., que reviendra « l’honneur » de jouer le premier acte de cette perte d’autorité en retirant de l’influence arverne les Volques, les Sallyens ou les Allobroges qui allaient intégrer la Provincia romaine. Un premier « coup de canif » dans le « bouclier arverne » qui annonçait la fin d’un monde. Pourtant, les Arvernes possédaient encore de beaux restes et étendait leur puissance sur la Limagne, l’Arvernie et la Sequanie ainsi que sur quelques peuples vassaux comme les Cadurques, les Rutènes ou les Gabales. C’est à ce reste de puissance, à cet espoir de reconquête que Vercingétorix et ses compatriotes vont s’accrocher… en vain.