Le phare d’Alexandrie

Maquette du phare d'Alexandrie, tel qu'il devait être à l'époque antique.
Maquette du phare d’Alexandrie, tel qu’il devait être à l’époque antique.

Simple village de pêcheur à l’origine, Alexandrie, en Basse-Égypte, fut fondée en 332-331 avant J.-C. par Alexandre le Grand. À la mort du conquérant, les Ptolémées lui succédèrent sur le trône égyptien et établirent leur capitale à Alexandrie, qui prit dès lors un essor considérable. Véritable plaque tournante du commerce entre Orient et Occident, Alexandrie, ville créée de toutes pièces, offrait la réalisation la plus moderne de l’urbanisme antique. Outre le mausolée d’Alexandre le Grand, la Bibliothèque, qui allait en faire un des haut-lieux de la culture hellénistique, le grand théâtre, le Sérapéion, ou temple de Sérapis, celui de Poséïdon, le musée et les palais des Ptolémées, la ville était dotée de deux ports, afin de répondre à sa vocation commerciale. Mais l’entrée de ces ports était des plus risquées. Pour remédier à ce danger, Ptolémée II Philadelphe décida, en 285 avant J.-C., de relier la ville à une petite île, Pharos (ce qui nécessita l’édification d’une digue de 1300 mètres), et d’y faire construire une tour de marbre blanc, haute de 130 mètres, au sommet de laquelle on entretenait des feux pendant la nuit pour guider les navires : ce fut le premier phare, mot qui vient de l’île de Pharos.
Masoudi, écrivain et voyageur arabe du XIe siècle, en a fait une description :
Sa construction a trois formes : il est carré jusqu’à un peu moins de la moitié ; là, la construction est en pierre blanche. Ensuite, la figure en devient octogone… Un balcon l’entoure, qui permet de se promener tout alentour. Enfin, la partie supérieure en est ronde.
Les nombreux tremblements de terre que subit cette région auront finalement raison de l’œuvre de Sostrate de Cnide, l’architecte du phare : celui-ci s’effondrera en 1303, disparaissant jusqu’au dernier bloc. Les vestiges du phare allaient passer des siècles dans les eaux bleues de la Méditerranée jusqu’à ce qu’au XXe siècle Jean-Yves Empereur et son équipe mettent enfin au jour la presque totalité d’une des Sept merveilles du monde antique.