Le règne malheureux de Richard II

Richard II allant à la rencontre des serfs révoltés (miniature du Moyen Âge).
Richard II allant à la rencontre des serfs révoltés (miniature du Moyen Âge).

Si Edouard III avait initié la guerre contre la France, avec comme ambition affichée de s’emparer de sa couronne, c’était plus pour mettre un terme aux velléités de révoltes de nobles que par conviction que cet héritage lui revenait. D’ailleurs, dans les premières années du règne de Philippe VI, il n’avait guère manifesté quelques prétentions que ce soit. Toujours est-il qu’Edouard, comme Philippe d’ailleurs, avait besoin de cette guerre et qu’il la provoquera. Dans les premières années du conflit, les victoires anglaises, notamment celle de Crécy, en 1347, et celle de Poitiers, en 1356, semblent lui donner raison. Mais le conflit traîne en longueur ; il épuise le royaume anglais  qui a aussi eu à subir, de 1347 à 1350, les ravages de la peste noire. Autant dire que lorsqu’Edouard meurt, en 1377, le pays est exsangue. La couronne revient alors au fils aîné de son fils aîné, le fameux Prince Noir. Le petit-fils d’Edouard III ceint la couronne sous le nom de Richard II. Le jeune homme est alors encore fort jeune et ce sont ses oncles qui le conseillent. Son premier acte d’autorité, dès l’année 1381, va augurer d’un règne personnel pour le moins malheureux.
Cette année-là, après qu’un village ait refusé de payer un impôt qu’il juge abusif, voit éclater en Angleterre une révolte paysanne d’une grande ampleur. Un agitateur en particulier anime la révolte, un chapelain du nom de John Ball. Ball convainc les paysans d’aller trouver le roi et de lui exposer directement leurs griefs.
La masse des mécontents grandit, de village en village, tuant tous ceux qui ressemblent de près ou de loin à un représentant du pouvoir. A Londres, le roi et son entourage ont trouvé refuge dans la Tour de Londres lorsque la cité est investie par les révoltés, auxquels se sont d’ailleurs ajoutés quelques bandits. Le sang coule, jusqu’à ce que Richard décide d’affronter la foule. Il se présente donc dans un champ, aux abords de Londres et accorde des chartes d’affranchissement. A peine calmée, la révolte reprend de nouveau et le roi reprend les négociations. Le maire de Londres a alors un geste malheureux : il frappe le chef des rebelles. La masse est prête à en découdre lorsque Richard se présente, seul, face à elle. Les paysans, subjugués, acceptent de le suivre hors de la ville où ils sont massacrés sans pitié…
Richard a imprimé sa marque : celle de la trahison. Mais si ce premier acte sera sans conséquence directe pour le jeune roi, le second sera fatal.
 A la mort de son oncle, le duc de Lancastre, Richard s’empare de son héritage, privant son cousin Henri de ses droits légitimes. Ce dernier ne tarde pas à réagir en préparant un coup d’Etat : Richard est jeté en prison et Henri de Lancastre couronné sous le nom d’Henri V.
Le règne, bref, de Richard II n’aura donc été marqué que par deux faits, deux méfaits. Un règne bien malheureux en vérité.