Le «Sultan juste»

Louis Desaix de Veygoux (1768-1800).
Louis Desaix de Veygoux (1768-1800).

La bataille est perdue ; mais il n’est que 15h00, il reste encore le temps d’en gagner une, déclare Desaix au moment où Bonaparte lui demande d’évaluer la désastreuse situation de Marengo.

Peu après, le général Desaix, à la tête de sa demi-brigade, fonce droit sur les Autrichiens.

Il franchit avec elle le pli de terrain qui la dérobait à la vue des Autrichiens et se révèle, brusquement, à eux par une décharge de mousqueterie exécutée à bout portant. Les Autrichiens répondent et Desaix tombe aussitôt, percé d’une balle dans la poitrine.

Desaix demande que l’on dissimule sa mort, afin de ne pas ébranler ses hommes, mais ils l’ont vu tomber «et ses soldats, comme ceux de Turenne, demandent à grands cris de venger leur chef». La 9e brigade mérite bien, ce jour-là, le nom d’incomparable, comme l’était son chef, Louis Desaix de Veygoux, né le 17 août 1768, dans le Puy-de-Dôme.

Cet aristocrate auvergnat, déjà lieutenant dans l’armée royale, adhère, dès 1789, aux idéaux de la Révolution. Général de division à vingt-six ans, il accompagne Bonaparte en Orient où, devenu gouverneur de la Haute-Égypte, il est surnommé le «Sultan juste», tant il s’inquiétait du sort de la population.