Le temple d’Artémis

La déesse Artémis (d'après une statue grecque).
La déesse Artémis (d’après une statue grecque).

Ancienne ville d’Asie Mineure, sur la mer Égée, la cité d’Éphèse devait, dès la plus haute antiquité, voir se développer en son sein le culte d’une déesse de la Terre, peut-être d’origine sémitique et dont les premiers adorateurs semblent avoir été les Lélèges, un peuple apparenté aux Crétois. À cette déesse, appelée Léto ou Oupis, fut bientôt associé un jeune dieu égéen, qui prendra plus tard le nom d’Apollon. Lorsque les Grecs arrivèrent à Éphèse, vers 1100 avant J.-C., ils adoptèrent ces cultes mais les deux divinités se virent dissociée : Apollon fut adoré à Klaros, située au nord d’Éphèse, et la déesse primitive porta désormais le nom d’Artémis. Devenue une des principales cités du monde ancien, foyer de la civilisation hellénistique, Éphèse décida la construction, au VIe-Ve siècle avant J.-C., d’un grand sanctuaire dédié à Artémis, l’Artémision, réputé autant pour ses richesses immenses que pour sa sainteté.
Ce temple, déclare Pline, qui nécessita deux cent vingt ans de travaux, avait été élevé aux frais des rois et des principales cités de l’Asie. On le plaça sur un sol humide pour le mettre à l’abri des tremblements de terre. Et pour que, cependant, les fondements d’une masse aussi considérable ne portassent pas sur un terrain glissant, on établit d’abord un lit de charbon broyé et de la laine par-dessus. Le temple entier a quatre cent vingt-cinq pieds de long et deux cent vingt de large (en fait, 115 mètres sur 55). Cent vingt-sept colonnes, présents d’autant de rois, s’y alignent ; elles sont hautes de soixante pieds. L’architecte fut Chersiphron. On eut une grande difficulté pour placer le linteau de la porte : c’était une masse énorme et, tout d’abord, elle ne portait pas d’aplomb. L’artiste, désespéré, songeait même à se tuer, mais Artémis lui apparut en songe, l’exhortant à vivre et lui promettant qu’elle-même allait mettre la main à l’ouvrage. En effet, le lendemain, le linteau était en place et parfaitement d’aplomb.