Les Basques : de l’indépendance à l’indépendance

Roland, victime des Basques à Roncevaux (iconographie du XIXe siècle).
Roland, victime des Basques à Roncevaux (iconographie du XIXe siècle).

Nombreux sont les peuples qui revendiquent une certaine indépendance. Par contre, rares sont ceux qui en ont fait toute leur histoire. C’est le cas des Basques, un peuple à l’origine ethnique encore inconnue, parlant une langue non-indo-européenne, une langue qui, selon les légendes autochtones, serait celle en usage au Jardin d’Eden. De fait, on comprend bien que le peuple basque se considère comme un peuple à part et à quel niveau.
Et son histoire ne fait que confirmer ce désir d’indépendance que les invasions ou les dominations successives –romaine, wisigothe, arabe, franque- ne sauront briser. Même leur appartenance au christianisme n’allait pas les dispenser de se faire brigands et d’attaquer, en priorité, les colonnes de pèlerins franchissant les Pyrénées. Erigé en véritable spécialité locale, le pillage va être leur mode de fonctionnement durant tout le haut Moyen Âge. Un mode de fonctionnement et une spécialité redoutables si l’on en croit le massacre qu’ils perpétuèrent sur l’arrière-garde de Charlemagne à Roncevaux ; un mode de fonctionnement et une spécialité qui leur attireront les foudres de Rome qui les excommuniera en 1179 en raison de ces brigandages incessant. Mais ce n’est pas là la principale caractéristique du peuple basque.
En effet, si tout le monde aujourd’hui connaît les velléités d’indépendance politique de ce peuple, notamment à travers les actions criminelles de certaines organisations, ce désir est loin d’être une nouveauté. On a dit la capacité de résistance de ce peuple, mais il saura faire plus, il saura, aussi bien en Espagne qu’en France, se distinguer politiquement. Si les Asturies et la Navarre ibérique ne purent échapper totalement à la domination castillane, ces deux provinces vont se voir garantir des privilèges particuliers –les fueros-, qui outre les exemptions d’impôts, revenait en une autonomie de fait sous l’autorité de juntes provinciales. Une autonomie renouvelée solennellement à  chaque nouvel avènement. Ainsi en est-il des provinces basques espagnoles, mais les basques ne font pas exception. Ainsi on verra, en 1649, les Etats de Basse-Navarre refuser de siéger aux Etats généraux ou, en 1789, les délégués basques se retirer de l’Assemblée parce qu’on venait de décider la division de la France en départements.
L’histoire du peuple basque, on le voit, est celle de son désir d’indépendance. Rien d’étonnant, donc, qu’elle continue à se décliner sur ce mode. Sauf que de nos jours la politique semble ne se faire que les armes à la main, sauf que maintenant les premières victimes du pillage et du brigandage sont les Basques eux-mêmes.