Les « brillants » Ostrogoths

Un barbare, d'après un bas-relief antique.
Un barbare, d’après un bas-relief antique.

Lorsque, au IVe siècle de notre ère, les Barbares fondent sur l’Occident, deux grandes factions se détachent du peuple germanique des Goths : les Wisigoths et les Ostrogoths. Deux noms qui signifient -étymologiquement- "Goths sages" pour les premiers et "Goths brillants" pour les seconds. Deux noms qui, historiquement, désignent les Goths de l’Ouest -qui traverseront la Gaule et atteindront l’Espagne- et les Goths de l’Est, les Ostrogoths étant les fondateurs, vers 350, d’un vaste empire s’étendant à l’est du Dniepr et au nord de la mer d’Azov. Un empire qui ne durera guère que vingt-cinq ans, jusqu’à ce qu’il soit soumis par les Huns. Désormais liés aux guerriers d’Attila, les Ostrogoths allaient faire office d’auxiliaires aux Huns aux Champs Catalauniques et ils ne retrouveront la liberté qu’après l’effondrement qui suivi la mort d’Attila, en 453.

Libérés d’Attila, les Ostrogoths, qui s’étaient prudemment placés sous suzeraineté romaine, devaient trouver refuge en Pannonie, d’où ils devaient d’ailleurs lancer de nombreux raids dans les provinces byzantines. De fait, la "protection" romaine allait finir par coûter cher à l’empereur byzantin, Zénon, s’il n’avait pas eu l’idée de "titiller" l’ambition et l’irrésistible désir de conquête du chef des Ostrogoths, Théodoric.

C’est ainsi qu’en 488, Théodoric se lança dans la conquête de l’Italie, conquête qui fut marquée, notamment, par la prise de Ravenne en 490. Une conquête qui devait s’achever au bout de cinq ans, temps nécessaire pour que les Ostrogoths de Théodoric se rendent maîtres de toute l’Italie péninsulaire mais également de la Sicile, des régions alpestres, de la Pannonie, de la Dalmatie et enfin de la Provence.

Digne héritier des empereurs romains, Théodoric devait restaurer l’organisation politique et administrative de l’Italie et imposer à tous ses sujets -Goths ou Romains- l’usage du droit romain. Tordant le cou à la légende qui veut que les peuples germaniques n’aient été que des "barbares", il s’entoura également de fins lettrés, comme Boèce ou Cassiodore. De fait, Théodoric aurait sans doute pu rivaliser avec Charlemagne s’il n’avait été acquis à l’arianisme, s’aliénant, par le fait même, l’Eglise. Une Eglise qui préféra donner son appui au païen Clovis, lequel, lors de sa victoire contre les Wisigoths à Vouillé (507) devait mettre un terme à la grande coalition de Goths esquissée par Théodoric. Parallèlement à cet échec, la restauration d’un pouvoir impérial occidental ne pouvait qu’inquiéter Byzance. Aussi, à la mort de Théodoric (526) et alors que Justinien était monté sur le trône de Constantinople en 527, les généraux byzantins Bélisaire et Narsès devaient se lancer dans la reconquête de l’Italie, mettant fin au rêve impérial des Goths.