Les « colonnes noires » de Sherman

William Tecumseh Sherman (1820-1891).
William Tecumseh Sherman (1820-1891).

Il est des hommes célèbres, des guerriers, qui ne marquent les mémoires que par les ravages qu’ils ont fait. C’est le cas de Hoche, c’est également celui de Sherman.
Sorti de l’académie militaire de West Point en 1840, William Tecumseh Sherman consacre treize années de sa vie à la carrière militaire avant de se reconvertir dans le civil. Acteur de la pacification de la Floride, il contracte un "beau" mariage et devient banquier à San Francisco. Lorsque débute la guerre de Sécession, Sherman réintègre l’armée mais comme directeur de l’Académie militaire de Louisiane. Ce n’est qu’en 1863 qu’il reprend réellement du service en prenant la tête du 15e corps d’armée du Tennessee avec lequel il se distingue aux batailles de Vicksburg et de Chattanooga. En 1864, il est nommé commandant de l’armée du sud-ouest et c’est en tant que tel qu’il commet un premier fait d’armes malheureux : en septembre 1864, Sherman enlève la ville d’Atlanta aux armées sudistes et livre la ville aux flammes deux mois plus tard. Un épisode rendu célèbre par les images d’Autant en emporte le vent et qui fait entrer Sherman dans l’histoire.
Dès lors, rien ne semble devoir arrêter Sherman, aussi bien dans sa marche glorieuse que dans sa politique de terre brûlée. De fait, sa progression vers la mer et à travers la Géorgie ne sera qu’un long cortège de destructions, de dévastations. En vingt-cinq jours à peine, il fait parcourir pas moins de cinq cents kilomètres à une armée de 65 000 hommes. De Savannah, il poursuit sa route et répand la terreur dans toute la Caroline du Sud, forçant finalement à la reddition le général Johnston. La fin de la guerre (1865) suit de près ce dernier haut fait et Sherman, qui aurait pu être rendu à la vie civil, poursuivra sa carrière militaire comme commandant en chef de l’armée américaine de 1869 à 1884. Il mourra sept ans plus tard, à soixante-et-onze ans.