Les Croisés prennent Jérusalem

En 1095, plus de sept cent mille Croisés quittent l’Europe et se mettent en route vers la Terre Sainte. Les Provençaux sont commandés par Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse et par le légat du Pape ; les Français par Étienne de Blois, Hugues de Vermandois, frère du roi de France et le Normand Robert Courteheuse, fils du Conquérant ; les Flamands suivent Godefroi de Bouillon et les Normands de Sicile Bohémond de Tarente et son neveu Tancrède.
Durant quatre années de marche et de guerre, beaucoup sont morts, d’autres ont abandonné. Certains chefs ont fui même, tel Hugues de Vermandois, Robert Courteheuse ou Étienne de Blois. Et, en juin 1099, ils ne sont que soixante mille sous les remparts de Jérusalem.
Les armées croisées, sous le commandement de Godefroi de Bouillon et de Bohémond de Tarente, avaient pris Antioche aux Sarrasins après sept mois de siège (1098). Transportées par la foi, elles ne mettent que quelques jours à s’emparer de Jérusalem aux cris de " Dieu le veut ! " Mais cette victoire du 15 juillet 1099 est assombrie par la rage qui s’empare alors des Croisés : huit jours durant, la population arabe est massacrée sans pitié.
Loin de transférer, comme convenu, leurs conquêtes à l’empereur Alexis Commène, les Croisés créent le royaume franc de Jérusalem. Godefroi de Bouillon, duc de Basse-Lorraine, descendant de Charlemagne par les femmes et le plus valeureux, le plus loyal, le plus pieux des croisés, ainsi que le décrit une chronique, devient « l’avoué du Saint Sépulcre », refusant de porter une couronne d’or  là où le Christ avait porté une couronne d’épines. À sa mort, en 1100, son frère Baudouin de Boulogne,  moins scrupuleux, prend le titre de roi de Jérusalem, qu’il va transmettre durant près d’un siècle avant que les Sarrasins ne s’emparent à nouveau  de ce territoire.