Les fils de Mélusine

Denier de Guy de Lusignan, alors roi de Jérusalem.
Denier de Guy de Lusignan, alors roi de Jérusalem.

De la même façon que certaines dynasties grecques ou romaines ont cherché à raccrocher les branches de leur arbre généalogique au monde des dieux, dès le Moyen Âge, les familles royales d’Europe ont cherché, elles, à s’attacher à quelque saint. Sainte Clotilde et saint Louis pour la France, Edouard le Confesseur en Angleterre, saint Vladimir en Russie, saint Olaf en Norvège ou saint Wenceslas en Bohême : tous ont la même fonction qui est de lier ces dynasties au Seigneur. Un empereur germanique ira même jusqu’à exiger –et obtenir d’ailleurs- la canonisation de Charlemagne ! Une famille fait exception cependant et de quelle manière ! Nul saint dans la famille de Lusignan ; nul dieu non plus d’ailleurs, mais une fée, un être mi femme mi animal : Mélusine.
C’est de son nom que les Lusignan tirent le leur, se glorifiant à travers leurs armes, à coup de légendes soigneusement entretenues, d’être les fils d’un être surnaturel et monstrueux. Une ascendance étonnante pour cette famille au destin hors du commun, une famille qui abandonnera le Poitou pour l’aventure en Terre sainte. Ce sera tout au moins le cas de Guy de Lusignan puis de son frère Amaury qui, tous deux, deviendront rois de en convolant respectivement avec Sybille de Jérusalem et avec sa demi-sœur Isabelle. De fait, les deux frères seront de bien piètres souverains pour ce royaume en perdition. Malgré tout, ceux sont leurs fils qui porteront le titre de roi de Jérusalem puis de Chypre. Ceux sont leurs fils qui uniront à jamais la couronne de Jérusalem à la fée Mélusine…