Les guildes : le temps des frères

Vitrail représentant des maçons au Moyen Âge.
Vitrail représentant des maçons au Moyen Âge.

Si l’on retrouve effectivement la trace d’associations de marchands ou d’artisans dès l’Antiquité, les guildes médiévales n’en sont que les lointaines héritières. D’abord en raison de leur caractère chrétien… Car c’est bien d’associations de chrétiens qu’il s’agit et non d’autre choses. Des associations qui, à l’origine, tenaient plus de l’assemblée de prières, du groupe décidé à faire la charité, que de cercles économiques. Placées sous le patronage d’un saint, elles avaient pour but d’aider ceux de leurs frères qui étaient tombés dans la misère, de soutenir les veuves et les orphelins de leur corps de métier en quelque sorte. Le sentiment fraternel, la charité primaient donc plus que tout autre. Ce n’est que plus tard que les guildes proprement marchandes apparaîtront -vers le XIe siècle. Sans pouvoir central, pas de réglementation économique efficace. C’est en partant de ce constat que les guildes, qui regroupaient des gens d’un même métier, d’un même quartier ou d’une même rue vont faire de leurs associations chrétiennes les moteurs de l’économie médiévale.
Officiellement reconnues, dotées de privilèges, les guildes marchandes vont alors fixer les salaires ou les prix, contrôler les poids et les mesures et, finalement, acquérir le monopole de certains commerces, faisant, de ces guildes, des exemples de réussite économique. Parmi les plus connues, on compte la guilde des marchands d’eau de Paris -qui donnera d’ailleurs ses armes à la cité-, la guilde de Bruges, Florence, Milan, Barcelone, Gand et, plus tard, celle de la Hanse qui s’étendra à travers toute l’Europe centrale et septentrionale. Des guildes florissantes, puissantes mais qui n’avaient plus rien à voir avec les guildes originelles, celles du temps des frères…