Les jardins suspendus de Babylone

Les jardins suspendus de Babylone (d'après une reproduction antique).
Les jardins suspendus de Babylone (d’après une reproduction antique).

Si l’on ne sait avec précision qui fut le fondateur de Babylone et bien que l’on cite toujours, sans y croire, la légende de la belle déesse guerrière Sémiramis, la résurrection de la cité chaldéenne, elle, ne fait aucun doute : elle est le fait du grand souverain Nabuchodonosor II.
Pillée à plusieurs reprises lors de la domination assyrienne (Xe-VIIIe siècles avant J.-C.), Babylone subira un châtiment extrêmement sévère après une ultime révolte contre les Assyriens. Il faudra attendre la ruine de l’empire assyrien (VIIe siècle avant J.-C.) et l’avènement de Nabuchodonosor II pour qu’enfin la cité mésopotamienne retrouve son éclat passé. Devenue « l’ornement des royaumes, la fière parure des Chaldéens », selon le prophète Isaïe, Babylone apparut dès lors comme le symbole de la puissance de Nabuchodonosor II, qui en fit une des cités les plus somptueuses du temps, au point qu’Alexandre le Grand n’aura de cesse de la conquérir et d’en faire la capitale du nouvel Orient. Les jardins suspendus, notamment, feront rêver des générations d’auteurs antiques et d’archéologues. Voici la description que Diodore de Sicile donne de cette merveille du monde :
Les terrasses sur lesquelles on montait étaient soutenues par des colonnes qui, s’élevant graduellement de distance en distance, supportaient tout le poids des plantations ; la colonne la plus élevée, de cinquante coudées de haut (environ vingt-cinq mètres) supportait le sommet du jardin et était de niveau avec les balustrades de l’enceinte. Les murs, solidement construits à grands frais, avaient vingt-deux pieds d’épaisseur et chaque issue dix pieds de largeur. Les plateformes des terrasses étaient composées de blocs de pierre dont la longueur était de seize pieds sur quatre de largeur. Ces blocs étaient recouverts d’une couche de roseaux mêlée de beaucoup d’asphalte ; sur cette couche reposait une double rangée de briques cuites, cimentées avec du plâtre. Celles-ci étaient, à leur tour, recouvertes de lames de plomb, afin d’empêcher l’eau de filtrer à travers les atterrissements artificiels et de pénétrer dans les fondations. Sur cette couverture se trouvait répandue une masse de terre suffisante pour nourrir les racines des plus grands arbres. Ce sol factice était rempli d’arbres de toutes espèces, capables de charmer la vue par leur dimension et leur beauté. Les colonnes s’élevant graduellement laissaient, par leurs interstices, pénétrer la lumière et donnaient accès aux appartements royaux, nombreux et diversement ornés.