Les lettres de cachet : le mythe et la réalité

Arrivée d'un prisonnier à la Bastille (détail d'une gravure du XIXe siècle).
Arrivée d’un prisonnier à la Bastille (détail d’une gravure du XIXe siècle).

Les lettres de cachet. Quatre mots qui sonnent comme une condamnation. Pourtant, à l’origine, les lettres de cachet n’étaient que des lettres… marquées du cachet du roi ; un cachet qui leur donnait tout pouvoir.
De fait, la sinistre réputation de ces lettres date du XVIIe siècle, notamment du règne de Louis XIV et de ses successeurs qui en usèrent et en abusèrent… pour le plus grand profit de quelques-uns. Non discutées parce que non discutables du fait du sceau du roi, les lettres de cachet allaient être le moyen de signifier à qui voulait bien les lire que la décision émise était irrévocable. Or, ces lettres se présentaient sous forme d’imprimé, dont il suffisait de remplir la date, le nom de la personne accusée et celui de la forteresse où il convenait de l’envoyer. On imagine sans peine les abus qui devaient -et qui allaient- en découler. Quelques hauts personnages de l’Etat, turbulents, devaient en pâtir. Mais pour beaucoup de nobles, c’était également un moyen de "mettre du plomb dans la tête" de quelque rejeton insupportable. D’ailleurs, la peine était minime, ne dépassant guère les huit à quinze jours de détention. Certains chefs de famille avaient d’ailleurs leurs lettres de cachet, dites de cachet privé, qui leur permettaient d’agir sans scandale et en assurant l’entretien de celui ou de celle qu’ils faisaient incarcérer. Mirabeau, grand séducteur, s’y soumettra… ainsi que quelques autres.
Au final, les lettres de cachet apparaissent comme un mal sans gravité et ceux sont les historiens du XIXe siècle et les pamphlétaires de la Révolution qui devaient les mettre au jour et les présenter comme la dernière invention démoniaque de la royauté.