Les Mémoires de Saint-Simon : un brûlot contre la monarchie

Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon (1675-1755).
Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon (1675-1755).

Ennemi des Jésuites, des bâtards de Louis XIV et de ses ministres « bourgeois » comme Louvois ou bien Colbert, très attaché à son double titre de duc et pair du royaume de France et affligé, selon Voltaire qui l’admirait, « d’une nuque raide impropre à la condescendance et à la courtisanerie », Louis de Saint-Simon est sans aucun doute le mémorialiste le plus fécond, le plus aigu et aussi le plus amer de toute l’histoire littéraire française.
Extraordinaire portraitiste, doué d’une plume incisive, Saint-Simon a dépeint, avec un réalisme au vitriol, la société et la cour de Versailles, avec son lot de mesquineries, de lâchetés, de complots dérisoires et son étiquette absurde.
À sa mort, survenue le 2 mars 1755, à  quatre-vingts ans, Saint-Simon, qui  a consacré plus de trente années à la rédaction de ses Mémoires, n’a montré des fragments de cette œuvre immense -une vingtaine de volumes- qu’à de rares privilégiés. Cinq ans plus tard, en 1760, le manuscrit, qui constitue un véritable brûlot contre la monarchie, est saisi sur l’ordre de Choiseul puis transféré aux archives du ministère des Affaires étrangères : le ministre de Louis XV suspectait sans doute Saint-Simon, qui fut ambassadeur auprès de l’Espagne en 1721, de révéler… des secrets d’État ! Il faudra attendre la veille de la Révolution (1788) pour voir une partie de l’ouvrage publiée. Et sous la Restauration, on restitue le manuscrit à sa famille, mais l’édition définitive paraîtra bien plus tard, entre 1879 et 1928, grâce à un admirateur du duc, l’historien de Boislisle…

Les Mémoires de Saint-Simon : un brûlot contre la monarchie

Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon (1675-1755).
Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon (1675-1755).

Ennemi des Jésuites, des bâtards de Louis XIV et de ses ministres « bourgeois » comme Louvois ou bien Colbert, très attaché à son double titre de duc et pair du royaume de France et affligé, selon Voltaire qui l’admirait, « d’une nuque raide impropre à la condescendance et à la courtisanerie », Louis de Saint-Simon est sans aucun doute le mémorialiste le plus fécond, le plus aigu et aussi le plus amer de toute l’histoire littéraire française.
Extraordinaire portraitiste, doué d’une plume incisive, Saint-Simon a dépeint, avec un réalisme au vitriol, la société et la cour de Versailles, avec son lot de mesquineries, de lâchetés, de complots dérisoires et son étiquette absurde.
À sa mort, survenue le 2 mars 1755, à  quatre-vingts ans, Saint-Simon, qui  a consacré plus de trente années à la rédaction de ses Mémoires, n’a montré des fragments de cette œuvre immense -une vingtaine de volumes- qu’à de rares privilégiés. Cinq ans plus tard, en 1760, le manuscrit, qui constitue un véritable brûlot contre la monarchie, est saisi sur l’ordre de Choiseul puis transféré aux archives du ministère des Affaires étrangères : le ministre de Louis XV suspectait sans doute Saint-Simon, qui fut ambassadeur auprès de l’Espagne en 1721, de révéler… des secrets d’État ! Il faudra attendre la veille de la Révolution (1788) pour voir une partie de l’ouvrage publiée. Et sous la Restauration, on restitue le manuscrit à sa famille, mais l’édition définitive paraîtra bien plus tard, entre 1879 et 1928, grâce à un admirateur du duc, l’historien de Boislisle…