Les pharisiens ou la Torah à la lettre

Un grand prêtre juif (gravure du XIVe-XVe siècle).
Un grand prêtre juif (gravure du XIVe-XVe siècle).

"C’est un groupe de juifs, écrit l’historien juif Flavius Josèphe, qui font profession d’être plus pieux que les autres et qui donnent de la Loi l’explication la plus précise". Ou, pour le dire autrement, ce sont des juifs séparés dont les membres voulaient réaliser la plus aprfaite interprétation de la Torah en l’appliquant aux moindres circonstances de la vie.
Héritiers de hassidim, qui avaient soutenus la lutte de Macchabées contre Antiochos Epiphane et l’hellénisme envahissant, les Pharisiens avaient pour but premier de protéger la religion juive de toute influence païenne. Leur nom apparaît pour la première fois au IIe siècle avant J.-C.. Considérant que la Torah, la loi écrite, et la tradition, la loi orale, formaient un bloc indivisible, ils s’astreignaient à l’observance scrupuleuse des préceptes, notamment concernant la pureté légale, le sabbat, les purifications rituelles. Dans le but de se protéger des païens mais également des juifs moins pointilleux, ils s’isolaient ce qui devait les enfermer dans un formalisme finalement sans réel fondement et sans but autre que l’application de la loi ce que devait dénoncer Jésus.
Malgré tout, les pharisiens devaient contribuer à définir des concepts religieux fondamentaux du judaïsme telles que l’attente messianique, la survivance des âmes et la résurrection des corps.
Expulsion des juifs par l'empereur Hadrien (représentation du XIVe siècle).
Expulsion des juifs par l’empereur Hadrien (représentation du XIVe siècle).

Sous le règne d’Alexandre Jeannée (104-78 avant J.-C.), les pharisiens étaient entrés en révolte ouverte contre l’hellénisme des souverains juifs. La protection de la veuve d’Alexandre, Alexandra, leur évitera bien des tourments mais leur permettra même d’acquérir un certain rôle politique. Sous le règne d’Hérode et des procurateurs, ils se tiendront volontairement à l’écart du pouvoir mais leur influence religieuse devait se révéler considérable au sein du Sanhédrin mais également des masses populaires qui admirent leur vie d’austérité. Est-ce cette vie d’austérité, commune avec celle des premiers chrétiens, qui fera naître une certaine "entente" entre les deux groupes religieux ?
De fait, les pharisiens vont constamment rester à l’arrière-plan dans les événements qui marquent la mort de Jésus. Certains d’entre eux, comme Gamaliel, défendront même les apôtres devant le Sanhédrin. D’autres se convertiront au christianisme et pas des moindres : Paul, est le premier d’entre eux -en terme d’importance. Et sa "marque" d’ancien pharisien n’est pas anodine puisqu’il sera un des acteurs majeurs du développement de la théologie chrétienne des premiers temps, comme les pharisiens avaient marqué la réflexion judaïque.