Les Slaves : une irruption dans l’histoire

Le tsar Vladimir Ier (958-1015).
Le tsar Vladimir Ier (958-1015).

L’origine des Slaves, comme celle des Germains d’ailleurs, est fort obscure. C’est durant le Ier millénaire avant J.-C. que l’on voit se dessiner les premières tribus, entre le Dniepr et la Vistule. Les Slaves se trouvaient alors en contact avec les Germains, les Celtes et les Illyriens à l’ouest, avec les Baltes au nord, les Finno-Ouriens au nord-est et les Scythes à l’est. Et les Slaves vont subir l’influence de tous ces différents peuples. Ils vont migrer aussi et, cela, à de nombreuses reprises. Etonnement, les Slaves vont malgré tout conserver leur unité linguistique… jusqu’au Ixe siècle de notre ère, donc bien des siècles après le début de leur migration.
De culture relativement primitive, les Slaves s’adonnaient à l’agriculture et à l’apiculture ; ils se révélaient fort habiles dans la navigation des fleuves et des rivières mais fort peu pour le commerce. Divisés en petits clans, inaptes à l’autorité, ils se révéleront finalement incapables de créer leurs propres Etats et ce sont des maîtres étrangers qui, en imposant leur autorité aux populations slaves, édifieront ces Etats.
Le premier à faire mention des Slaves est Pline qui les désignent sous le nom de Vénèdes. Un nom sans doute tiré de celui employé par les Germains qui appelaient les Slaves "Wendes". Sans doute les mouvements de peuples slaves commencèrent avant le début de l’ère chrétienne. Mais ils passèrent inaperçus aux yeux des Romains qui avaient, en première ligne, à affronter les Germains. D’ailleurs, au IIe siècle de notre ère, la plupart des Slaves étaient soumis aux Goths ; domination à laquelle succédera celle des Huns.
C’est véritablement au VIe siècle que les Slaves font irruption dans les récits des chroniqueurs occidentaux. Mais il est presque certain que les Slaves avaient déjà pénétré dans les régions balkaniques dans le sillage des Germains et des Goths. A la fin du VIe siècle, ils sont déjà établis en Slovaquie, en Bohême, en Carinthie, en Slovénie ; et à partir du règne de Justinien (518-565), le péril slave devient une constante de l’histoire byzantine.  Traversant le Danube, les Slaves envahiront toute la péninsule balkanique en direction de la Méditerranée. Ils submergèrent la Serbie, la Grèce, la Croatie ; à l’ouest, dans la grande plaine allemande, ils acquirent les terres abandonnées par les Germains, atteignant Bamberg, Passau, Trieste. C’est certainement leur manque d’unité qui devait permettre aux Germains, au Xe siècle, de les refouler au delà de l’Oder.