Les soupirants de Julie

Julie Récamier (1777-1849), sur son fameux divan.
Julie Récamier (1777-1849), sur son fameux divan.

Les Muses sont des femmes célestes, qui ne défigurent point leurs traits par des grimaces.
Quand elles pleurent, c’est avec le secret dessein de s’embellir, a écrit Chateaubriand.

Et Julie Récamier fut, sans conteste, une muse pour son époque.
Dotée par la nature d’une beauté incomparable, Julie Bernard épouse, à seize ans, le banquier Récamier, de vingt-six ans son aîné. Elle entre ainsi dans le monde et devient rapidement l’égérie du tout Paris. Entourée d’une cohorte de soupirants, parmi lesquels Lucien Bonaparte, Benjamin Constant, Bernadotte, Wellington et le prince Auguste de Prusse qui veut l’épouser, elle traverse le siècle, n’accordant à ses admirateurs que les « consolations de la beauté ». Seul Chateaubriand, qu’elle rencontre en 1817 et qui, dès lors, devient un assidu du salon de l’Abbaye-aux-Bois, fut, sans doute, son amant. Immortalisée par le très célèbre tableau de François Gérard, Julie Récamier, qui symbolise par sa vie et sa grande beauté le XIXe siècle romantique, meurt en 1849.