Les « valses » de Vienne

Blason des comtes de Habsbourg, d'après une peinture murale.
Blason des comtes de Habsbourg, d’après une peinture murale.

Déjà, dans l’antiquité, Vindobona était un important établissement celte. Camp militaire romain placé sur la frontière du Danube, dans la province de Pannonie, c’est là que l’empereur Marc Aurèle décèdera (180) durant la guerre contre les Marcomans. Totalement ruinée par les grandes invasions, Vienne semble avoir commencé à renaître au VIIIe siècle. Elle faisait alors partie de la marche de Pannonie, qui marquait la fin de l’influence franque. Ce n’est qu’en 1142, qu’elle acquit son titre de capitale du duché d’Autriche, alors aux mains de la maison de Babenberg. La ville connut un premier épanouissement sous Léopold VI le Glorieux (1198-1230), sous lequel furent construites les parties les plus anciennes de la Hofburg et qui fit de sa cour un des foyers du Minnesang, l’art poétique exaltant les vertus et les héros germaniques. Frédéric II de Hohenstaufen, vainqueur des Babenberg, donnera à la capitale autrichienne les privilèges d’une cité impériale. Prise brièvement par Ottokar de Bohême, Vienne passera ensuite sous l’autorité de Rodolphe Ier de Habsourg (1278). Elle devait rester à cette famille durant les siècles à venir, le destin des deux étant désormais irrémédiablement liés.

Rodolphe IV achèvera la construction de l’église Saint-Etienne et créera l’université (1365) ; sous Frédéric III, l’évêché fut établi, devenant archevêché en 1722.

Subissant encore son statu de cité faisant la limite entre l’Orient et l’Occident, Vienne sera en butte aux attaques des Turcs aux XVIe et XVIIe siècles. Elle sera assiégée à plusieurs reprises, une première fois en 1529 par les troupes de Soliman II, une seconde fois en 1683 par le grand vizir Kara Moustafa. Héroïquement défendue, Vienne ne devra son salut qu’à l’intervention de Jean Sobieski, roi de Pologne, et du duc Charles de Lorraine qui remporteront une victoire décisive sur les Ottomans à Kahlenberg, desserrant enfin l’étau que les envahisseurs faisaient peser sur la capitale autrichienne.

Sauvée du péril ottoman, Vienne allait devenir une capitale des arts. C’est du moins ce que l’empereur Charles IV s’efforcera d’instaurer. C’est également à cette époque que la majeure partie de la Hofburg sera construite ; de cette époque que date le Belvédère, le palais Schwarzenberg, le palais Kinsky. Marie-Thérèse poursuivra la révolution architecturale de Vienne en agrandissant l’université, en faisant édifier le palais de la Schönbrunn ; Joseph II, son fils, ouvrira les jardins du Prater. Mais c’est François-Joseph qui donnera à sa capitale son visage définitif en abattant les remparts, en créant le Parlement, l’Opéra, le Rathaus. Autant de "signes extérieurs de richesse" qui marquent la fin de la monarchie Habsbourg, la fin de l’insouciance viennoise.