Li Shimin, le grand réformateur de la Chine des Tang

Li Shimin (600-649).
Li Shimin (600-649).

Véritable fondateur de la brillante dynastie des Tang, Li Shimin laisse le souvenir d’un empereur plein de vertus et de sagesse. Pourtant, c’est au prix de sombres intrigues et de meurtres qu’il monte sur le trône de Chine.
Li Shimin, qui voit le jour en l’an 600 de notre ère, est issu d’une illustre famille de la province de Shandong, au nord-est de la Chine. En 605, l’empereur Yang accède au pouvoir mais, par ses extravagances, ce personnage tyrannique entraîne le pays au bord de la catastrophe. Atteint de mégalomanie, il épuise en outre son armée dans des combats sans fin. Celle-ci vient d’essuyer une défaite sans précédent en Corée, quand le souverain lance ses hommes contre les Turcs, en 615. Le désastre est évité de peu grâce à un stratagème de Li Shimin mais, las de son maître despotique, le peuple se révolte. Li Shimin passe dans le camp des opposants. L’anarchie s’installe dans tout l’empire et provoque la chute de Yang.
Plein d’une ambition démesurée, Li Shimin, qui participe avidement à la course au trône, parvient à installer son père Li Yuan à la tête de l’Empire chinois. À peine a-t-il réussi à écarter ses adversaires qu’un nouvel obstacle apparaît : deux de ses frères qui briguent la succession cherchent à l’éliminer. L’atmosphère du palais devient pesante.
En 626, les partisans de Li Shimin organisent une embuscade au cours de laquelle les deux frères sont assassinés. Contraint d’abdiquer, le vieux Li Yuan cède sa place à Li Shimin qui monte sur le trône à l’âge de vingt-six ans.
Durant tout son règne, le monarque s’emploie à restaurer la puissance et la prospérité de l’empire déchu. Entouré de gens extrêmement compétents, il accomplit des réformes décisives en matière juridique et administrative en humanisant notamment le code des Tang qui régit toute la pensée juridique d’Extrême-Orient. L’empereur allège également l’administration fiscale en prenant soin de ne pas écraser ses sujets par de lourds impôts. Enfin, grâce à des conquêtes sur les Turcs et les Tibétains, il élargit les limites de ses possessions. C’est aimé et respecté de son peuple que Li Shimin s’éteint, en 649.