L’ONU : au nom de l’inefficacité internationale

Sigle officiel de l'ONU.
Sigle officiel de l’ONU.

Le conseil de sécurité de l’ONU « déplore » la répression du Myanmar –comprenez la Birmanie. Il aura fallu pas moins de six jours pour obtenir ces quelques mots. Certainement de quoi effrayer la junte militaire ! D’autant que cette déclaration ne s’accompagne d’aucune contrainte. Une déclaration qui nous est, malgré tout, présentée comme une quasi victoire. C’est donc là tout l’impact, tout l’intérêt de l’ONU : montrer du doigt –pas trop quand même- et déplorer, regretter ? Certes, il s’agit là d’un vocabulaire tout ce qu’il y a de plus diplomatique, mais ces mots valaient-ils six jours de négociations au sein de l’Organisation des Nations unies ?
Fondée en juin 1945 pour succéder à la SDN (Société des Nations), il semble bien que l’ONU soit tombée dans les mêmes travers que son prédécesseur. Car c’est pour son  inefficacité, flagrante avec l’éclatement de la Deuxième Guerre mondiale, que la SDN sera dissoute. Une inefficacité qui semble être également le lot de l’ONU, créé par les puissances alliées contre celles de l’Axe.
Résultat : une organisation littéralement à la botte des Etats-Unis ou totalement incapable de la moindre résolution sitôt qu’une des grandes puissances met son veto. L’intervention onusienne en Corée, en 1950, illustre parfaitement ces deux cas de figures : elle s’est faite sur ordres des USA et n’a pu être possible qu’en raison du retrait momentanée de l’URSS du conseil de sécurité. La création des casques bleus (1956), le tribunal international de La Haye n’y change rien. Force est de constater que l’action de l’ONU s’est révélée parfaitement inefficace pour peu qu’une grande puissance s’y oppose. L’organisation est donc, elle-même, parfaitement inutile.
Quant à savoir si l’ONU connaîtra le même sort que la SDN, cela dépendra sans doute du bon vouloir des maîtres du jeu et de l’intérêt qu’ils auront à conserver ce coûteux pantin…