Louis XI, « l’universelle araigne »

Louis XI (1423-1483), d'après une gravure du XIXe siècle.
Louis XI (1423-1483), d’après une gravure du XIXe siècle.

L’universelle araigne : tel est le surnom que l’on attribua à Louis XI dont la réputation n’est plus à faire. Et on peut dire qu’elle n’est guère flatteuse ! Intelligent, rusé, énergique, il était doté d’un physique peu avantageux et d’une patience fort limitée. Durant près de vingt ans, il se joindra à toutes les révoltes contre son père, Charles VII ; il les fomentera même et s’alliera avec tous ses ennemis. Il mettra tant d’acharnement et d’âpreté dans sa lutte contre le roi que ce dernier vivait, dit-on, dans la crainte perpétuelle de se faire empoisonner par son fils… Enfin arrivé au pouvoir en 1461, Louis XI va mettre autant d’acharnement à mâter les féodaux qu’il en avait mis à obtenir leur soutien lors du règne précédent. Prêt à toutes les trahisons, à toutes les bassesses, il passera maître dans l’art du machiavélisme. Malheur à ceux qui auront placé leur confiance dans sa parole : il n’en avait pas. Les Liégeois en payeront le prix lorsqu’il les abandonnera, après les avoir soutenu, à la colère du duc de Bourgogne, leur suzerain. Ce dernier, qui était encore un peu chevalier, ayant signé un traité avec le roi de France, verra ce dernier foulé aux pieds et, à sa mort, ses Etats démembrés. Tous les moyens étaient bons pour permettre à Louis XI d’accomplir a grande œuvre : l’unification de la France.
C’est ainsi qu’il s’emparera de la Bourgogne, de la Franche-Comté et de l’Artois. Fin diplomate, il mettra en œuvre son talent pour reprendre, grâce à une combinaison savante de testaments, l’Anjou, le Maine et la Provence. Mais cette ténacité, ce manque de scrupule font aussi la gloire de Louis XI grâce à qui la France deviendra un Etat moderne. Cette action seule sauvera quelque peu la réputation de Louis XI auprès des historiens qui, par ailleurs, ont brossé de lui un portrait des plus sombres. Certes, ce roi ne paraît guère sympathique. Mais sans doute les historiens du XIXe siècle avaient-ils oublié que le temps des féodaux était bel et bien fini ; que la politique était affaire d’hommes sans états d’âme, uniquement axés sur la réussite de leur projet. Une politique somme toute moderne et qui permettra à Louis XI de déclarer, sans fausse pudeur :
-Je suis la France !