Louise de Savoie : la Dame de fer de la Renaissance

Louise de Savoie (1476-1531) et Marguerite d'Autriche (1480-1530).
Louise de Savoie (1476-1531) et Marguerite d’Autriche (1480-1530).

Il ne fait guère de doute que si son fils avait été moins célèbre, Louise de Savoie aurait eu une postérité dépassant largement celle qu’elle a aujourd’hui. Fille du duc de Savoie, veuve, à dix-huit ans du duc d’Angoulême, belle, intelligente, intrigante aussi, Louise de Savoie pèsera de tout son poids sur le règne de son fils, François Ier. A peine accède-t-il au trône qu’elle se fait octroyer le duché d’Angoumois ; c’est elle également qui assure la régence lors des guerres d’Italie, en 1515. Un rôle qu’elle aura à assurer à nouveau exactement dix ans plus tard après la défaite de Pavie, bataille au cours de laquelle le roi sera fait prisonnier par les troupes espagnoles. C’est alors elle qui négocie, avec habileté, il faut le reconnaître, la libération du souverain -en échange d’une rançon qu’elle "oubliera" de payer- ; elle également qui organise la ligue de Cognac contre l’Autriche ; elle enfin qui négocie avec la sœur de l’empereur la fameuse "paix des Dames". Autant de preuves de son talent, de diplomate, de négociatrice ; autant de preuves qui font oublier les excès dont elle se rendra coupable en tant que mère du souverain et en tant que régente. Car Louise de Savoie aimait l’argent. Elle l’aimait même tant qu’elle dilapidera les fonds initialement destinés à la guerre, un "fait d’armes" dont elle fera accuser Semblançay. Louise de Savoie était également orgueilleuse. Et elle l’était tant qu’elle provoquera la défection du connétable de Bourbon qu’elle poursuivait de sa vindicte depuis le jour où il avait refusé de l’épouser. Au passage, elle n’oubliera cependant pas de récupérer les terres du traître…
Il n’est guère contestable, on le voit, que la mère de François Ier joua un rôle non négligeable dans l’histoire de France. Un rôle souvent occulté au profit de celui, réel également, de mécène et d’initiatrice des arts. Un rôle peu flatteur il est vrai mais qui fait de Louise de Savoie la véritable Dame de fer de la Renaissance.