Machu Pichu : la fin d’un empire

Vue de la cité de Machu Pichu.
Vue de la cité de Machu Pichu.

Lieu saint, relais économique, cœur de la stratégie de défense des souverains : Machu Pichu est tout cela à la fois. Elle est surtout une cité éphémère dont l’existence ne se prolonge guère au delà de 130 années. Une cité demeurée longtemps cachée du regard des hommes et qui doit sa redécouverte à l’historien américain Hiram Bingham.
Erigée en 1450 par l’Inca Pachacuti, Machu Pichu n’a rien d’une grande cité. Elle ne compte guère que 500 à 1000 personnes -ce qui est peu comparée à Cuzco qui, à la même époque, compte quelques 200 000 habitants- et n’a pas vocation à concurrencer la capitale inca. En fait, contrairement aux théories de Bingham, Machu Pichu était certainement destinée à protéger la capitale, Cuzco, en contrôlant la vallée où elle était dressée. De fait, la topographie même du lieu de construction de Machu Pichu exclue toute idée d’extension et confirme la volonté de l’Inca d’en faire un relais… ou un point de résistance. Coincée au fond de la vallée de l’Urubamba, dotée de jardins et d’exploitations en terrasse, Machu Pichu était indépendante économiquement et avait même vocation à servir de relais pour l’approvisionnement de la capitale.
Surtout, son isolement et sa structure la rendait difficile d’accès… ce qui fera son succès autant que sa perte. En effet, si Machu Pichu fut la dernière cité à résister aux envahisseurs espagnoles, ce n’est pas de leur fait qu’elle tomba mais bien du fait de son isolement. Abandonnée par ses habitants en 1572,  elle sera envahie par la jungle, oubliée de la mémoire des hommes jusqu’à ce qu’Hiram Bingham remonte sa piste, en 1911.