Médias : propagande d’hier et d’aujourd’hui

Voltaire (gravure ancienne) saura jouer de la propagande autant au niveau politique que judiciaire ou historique.
Voltaire (gravure ancienne) saura jouer de la propagande autant au niveau politique que judiciaire ou historique.

Allez savoir pourquoi, une majorité de Français semble intimement convaincue que la presse et, plus généralement, les médias sont entièrement aux ordres des politiques, notamment du gouvernement actuellement en place. Sans doute les accusations de deux candidats malheureux aux dernières élections présidentielles ont-elles fait leur chemin. Certes, éthiquement, le journaliste se doit d’être impartial. Mais l’a-t-il jamais été ?
De fait, la presse est née de la contestation et de la propagande, deux démarches qui, par nature, impliquent un engagement. Les exemples historiques ne manquent pas. Ainsi, les Mazarinades faisaient-elles plus que tourner le cardinal-ministre en ridicule : elles contenaient une critique de sa politique, critique qui eut un tel impact que Mazarin du se réfugier quelques temps hors de France. Les libelles contre Louis XVI et Marie-Antoinette vont, en leur temps, exacerber la rancœur d’un peuple affamé et accélérer le processus révolutionnaire. Les Placards, portés jusque sur la porte de la chambre de François Ier, entraîneront la réaffirmation de la Foi du souverain et les premières persécutions contre les protestants français. Voltaire, enfin, pour ne citer que lui, fera sa carrière sur la propagande plus que sur la philosophie, jouant de l’affrontement et de la provocation avec un art consommé.
Et ce que l’histoire nous dit, le présent le réaffirme, du moins en partie. Car quel média peut prétendre n’être qu’un simple rapporteur de faits ? Des faits que l’on présente de telle ou telle manière, des faits que l’on analyse, que l’on décrypte, autant d’actions qui engendre un engagement ou, pour le moins, l’expression d’une opinion. Ce qui paraît évident pour la presse écrite qui, sans complexe, affiche ses opinions politiques, vaut également pour les autres médias. Et si le message n’est pas nécessairement politique, il est, toujours, vecteur d’une idée ou d’une pensée, qui ne laisse guère de place à la discussion. Ainsi en est-il également de toute la culture actuelle –musique, cinéma, littérature- qui, tout en se voulant ouvertement « anti-système », affiche une linéarité de pensée proprement lénifiante.
Et c’est sans doute là que se situe la véritable différence entre les « médias » historiques et les médias actuels. Car s’il y a encore propagande, l’opposition, elle, a disparu, noyée dans un système de pensée uniformisée.