Monophysisme : la rupture orientale

Le baptême du Christ.
Le baptême du Christ.

Toutes les hérésies -et il faut reconnaître qu’elles furent nombreuses aux premiers siècles de l’Eglise- ne toucheront pas l’Orient et l’Occident uniformément. La différence vient d’abord du lieu où la polémique s’est fait jour et, surtout, de la situation dans laquelle se trouvait alors soit l’Orient, soit l’Occident.
C’est au Ve siècle, alors que l’Occident est en butte aux invasions germaniques, alors que l’empire s’effondre, que naît l’hérésie monophysiste. Et, bien entendu, c’est en Orient qu’elle se développe. Initialement soutenue par l’école d’Alexandrie, le monophysisme semblait devoir triomphé, notamment après ce qui deviendra le "brigandage d’Ephèse" (449), où les défenseurs de l’orthodoxie subiront certaines violences. Surtout, l’empereur byzantin, Théodose II devait apporter son soutien à l’hérésie. Une hérésie qui n’en sera vraiment une qu’après le concile de Chalcédoine (451) où la double nature du Christ, totalement homme et totalement Dieu, sera réaffirmé. La cause aurait pu être entendue. Elle ne le sera pas. Les monophysistes dénoncèrent le concile de Chalcédoine, déposeront et assassineront le patriarche d’Alexandrie Proterius, l’évêque d’Antioche Pierre le Foulon et installeront, en lieu et place de Proterius Timothé Ælure.
De fait, cette hérésie, qui aurait pu ne secouer que les instances ecclésiales, va déchirer tout l’Orient, entraînant dans cette querelle les empereurs byzantins. Au final, c’est le monde chrétien dans son ensemble qui sera touché, le schisme d’Acace, patriarche de Constantinople, inaugurant la première rupture entre l’Eglise d’Orient et l’Eglise d’Occident, entre Rome et Byzance. Sans compter que ce conflit allait affaiblir durablement la chrétienté, entraînant les empereurs dans des querelles de dogmes mais également de palais, alors qu’au VIIe siècle naissait une nouvelle religion, une religion conquérante qui aurait tout loisir de déferler sur l’Orient et l’Occident affaiblis : l’islam.