N’est pas gueux qui veut !

Portrait de Guillaume le Taciturne (1533-1584).
Portrait de Guillaume le Taciturne (1533-1584).

C’est sous le nom de Gueux que les gentilshommes flamands et néerlandais devaient se liguer contre l’administration espagnole. Cela faisait pourtant quelques siècles que cette contrée n’avait pas goûté à l’indépendance. Remise en dot à Marguerite de Male, elle allait, par le mariage de celle-ci, initier le domaine, bientôt immense, de la maison de Bourgogne-Valois. C’est à nouveau par un mariage, celui de Marie de Bourgogne avec Maximilien d’Autriche, qu’elle allait tomber dans l’escarcelle Habsbourg. Une mainmise espagnole qui, malgré la relative indépendance de la contrée, ne devait guère lui convenir ; une mainmise qui devait permettre la prise en étau de la France mais que la noblesse flamande et néerlandaise devait briser en avril 1566.
Parce qu’ils estimaient que l’Espagne ne leur accordait pas plus de crédit qu’à des gueux, les nobles des Provinces unies devaient donc se doter d’un surnom de circonstances, adopter les insignes attenants -la besace et l’écuelle. Oubliant leurs différents, ils devaient donc s’unir contre le despotisme de Philippe II d’Espagne. Une sorte "d’union sacrée" entre catholiques et protestants ; une union nationale qui ne devait guère se prolonger. Suite aux massacres d’Armentières, en août 1566, les catholiques, effrayés, devaient se retirer progressivement de la ligue et faire leur soumission au roi d’Espagne.
Les protestants, quant à eux, allaient poursuivre le combat sous la houlette du comte de la Marck, lequel devait rassembler une petite flotte de corsaires rebelles, soutenus par le Hollandais Guillaume le Taciturne, et qui, en harcelant les Espagnols, en enlevant le port de Brielle (1572) devaient lancer le signal de la révolte des provinces protestantes.