Néron-Caligula : la folie dans le sang ?

Caligula (12-41).
Caligula (12-41).

Il est fort étonnant de constater combien les destins de Caligula et de Néron sont semblables. Tous deux atteignent à la pourpre impériale très jeunes ; tous deux sont adulés par le peuple de Rome avant de basculer dans la folie. Le fait est que ces « jeunes espoirs » de la dynastie julio-claudienne n’avaient guère de chance d’échapper à ce sombre destin. Et le premier responsable n’est autre qu’Auguste lui-même.
Certes, Auguste avait toujours refusé le titre impérial, mais il avait fait plus : il avait promu la divinisation de sa personne et, de fait, de ses successeurs. Une divinisation que jeunes esprits tels que ceux de Caligula et de Néron ne sauront assumer qu’en plongeant dans la folie, l’un se prenant pour Jupiter, l’autre pour Apollon. Une folie qui se manifestera par un culte excessif de leur personne –Caligula multipliera les triomphes imaginaires, Néron les statues le représentant-, l’appropriation d’un droit de vie ou de mort y compris sur leurs proches. A l’image des pharaons d’Egypte qui se mariaient avec leurs sœurs afin de conserver un sang divin le plus pur possible, Caligula commettra même l’inceste avec ses sœurs…
Quant aux autres représentants de cette « auguste » dynastie, ils ne valent guère mieux : Tibère multipliera les meurtres et condamnera pour crime de lèse-majesté –presque que lèse-majesté divine- pour une simple parole, une simple diffamation. Seul l’empereur Claude semble avoir été épargné par cette folie, préoccupé qu’il était de l’administration de l’Empire. Etonnement, il sera l’objet de toutes les railleries aussi bien de la part de ses contemporains que des historiens qui commencent, seulement, à réviser leur piètre opinion.