Padoue : une indépendance tourmentée

La chapelle des Scrovegni de Giotto à Padoue.
La chapelle des Scrovegni de Giotto à Padoue.

Si c’est un saint, saint Antoine, qui a fait la célébrité de la ville, Padoue est également une des plus anciennes cités d’Italie. La légende veut que ce soit Anténor, frère de Priam, le célèbre roi de Troie, qui ait été à l’origine de sa fondation. Une légende née sous la plume de Virgile, auteur de l’Enéide. C’est un autre auteur romain, cependant, qui devait apporter quelque reconnaissance à la cité, tombée aux mains des Romains dès 215 avant J.-C. : patrie de Tite-Live, Padoue connaîtra alors la prospérité, sera louée pour les mœurs de ses habitants.
Ravagée par Alaric (409) puis par Attila (452), elle passera ensuite sous la tutelle des Lombards et ce n’est guère qu’à l’ère carolingienne qu’elle devait retrouver de sa splendeur. Entrée dans la ligue lombarde contre Frédéric Ier Barberousse (XIIe siècle), elle allait accéder au statu de cité indépendante en 1172. Un statu qui sera loin de lui apporter paix et prospérité puisque Padoue sera la proie des querelles entre Guelfes -lointains descendants de l’impératrice Judith de Bavière- et Gibelins -les Hohenstaufen- durant tout le siècle suivant. C’est en 1318, que Padoue devait retrouver la paix… en abandonnant son indépendance et en se donnant à la famille de Carrara qui règnera sur Padoue jusqu’en 1405. Entre temps, Padoue était devenue une cité universitaire, réputée notamment dans l’enseignement du droit. Annexée par Venise en 1405, elle devait, ensuite, subir le sort de tous les Etats de Venise.