Pershing : le retour !

Le Pershing 1-A.
Le Pershing 1-A.

Le 1er juin dernier, l’Associated press, relayée par de nombreux médias, reprenait les déclarations du président des Etats-Unis annonçant la mise en place d’un bouclier anti-missiles basé en Pologne et en République tchèque. Les pays visés ? L’Iran, soupçonnée de vouloir se doter de l’arme nucléaire, et la Corée du Nord, qui la possède déjà. Il y a comme un air de déjà vu dans cette décision. Un déjà vu qui ressemble à s’y méprendre à la Guerre froide et, plus précisément, au déploiement des missiles Pershing sur le territoire européen.
Dans les années 1970, alors que la course à l’armement semble s’essoufler. Les deux « grands », URSS et USA, ont désormais opté pour un « équilibre de la terreur » sans lequel on aboutirait, immanquablement, sur une destruction totale et réciproque. Au contraire même, les deux acteurs principaux de la Guerre froide en viennent à signer, en 1967, un traité de non-prolifération des armes nucléaires. Outre que ce traité exclu de fait les Européens de la scène internationale, il paraît annoncer un statu quo, laissant les USA maîtres du monde occidental et l’URSS gérer ses pays satellites à sa guise.
C’est pourtant bien à cette époque de détente que les Etats-Unis d’Amérique vont déployer pas moins de 108 missiles Pershing, directement pointés sur l’URSS et ses satellites. Des missiles qui, depuis l’Angleterre et la RFA, forment une sorte de pendant défensif au rideau de fer soviétique.
La portée, pourtant assez importante des missiles (1600 km) appelait un tel déploiement en Europe. Par contre, on est en droit de se demander, à l’image de Vladimir Poutine, quelle raison véritable a conduit les Américains à installer leur bouclier anti-missile si loin de l’Iran, objectif avoué du président Bush ? La Turquie, qui a déjà servie de base arrière aux Américains lors de la Seconde guerre du Golf, n’aurait-elle pas été préférable à la Pologne et à la République tchèque ? Et si on est en droit de s’interroger sur la stratégie, on est également en droit de s’interroger sur les motivations réelles des Américains. Le président russe ne s’en prive pas, craignant pour la sécurité de son pays. Non sans raison, sans doute, lorsque l’on voit sa politique, intérieure et extérieure, conduite de manière quasi dictatoriale. Sans doute sait-il trop bien –et nous aussi- quel sort les Etats-Unis réservent à certains dictateurs ; quelle guerre ils ont déjà mené afin d’apporter la liberté aux quatre coins du monde…