Philippe Ier et les débuts de la politique capétienne

Sceau de Philippe Ier (1052-1108).
Sceau de Philippe Ier (1052-1108).

Philippe n’a que sept ans lorsqu’il succède à son père. Couronné une première fois du vivant de celui-ci, il renouvellera « l’opération » à plusieurs reprises, signe que la légitimité des Capétiens était encore à établir. Placé initialement sous la tutelle conjointe de sa mère et, surtout, de son oncle, Baudouin de Flandre, Philippe, une fois majeure, va se révéler un grand roi, l’initiateur de la politique capétienne au XIIe siècle.
Depuis Hugues Capet, le principal handicap des souverains de cette dynastie était leur manque de puissance, comprenez leur manque de terre. De fait, face à des vassaux tels que le comte d’Anjou, celui de Flandre, le duc de Bourgogne et, surtout, celui de Normandie qui, en 1066, devient roi d’Angleterre, le roi de France fait bien piètre figure. Toute la politique de Philippe Ier va donc être de consolider le domaine royal. C’est ainsi qu’il s’empare du Gâtinais (1068), du Vexin (1082) et de la vicomté de Bourges (1100). Parallèlement à cela, il soutient Arnould III face à Robert le Frison dans la succession flamande –ce sera d’ailleurs un échec ; et entretient la révolte de Robert Courteheuse contre son père, Guillaume le Conquérant.
Philippe, Foulque d'Anjou et, l'objet de toutes les convoitises, Bertrade de Montford (gravure du XIXe siècle).
Philippe, Foulque d’Anjou et, l’objet de toutes les convoitises, Bertrade de Montford (gravure du XIXe siècle).

Au final, Philippe aura parfaitement réussi son pari, le seul point négatif de son règne étant ses relations avec la papauté. De fait, Philippe avait semble-t-il pris exemple sur son grand-père, n’hésitant pas à s’emparer des épouses de ses vassaux –et encore, Robert se s’amouracha-t-il que d’une veuve. C’est ainsi qu’il s’attira les foudres de l’Eglise : en 1092, Philippe, désireux d’épouser Bertrade de Montford, l’épouse du comte d’Anjou Foulque le Réchin, répudie son épouse légitime et fait de Bertrade son épouse –il aura d’elle quatre enfants. Un concile à Autun puis la venue du pape Urbain II confirmeront l’excommunication (1094) et l’anathème (1095). Il faudra attendre 1104 pour qu’enfin le souverain soit absous et l’excommunication levée.