Pierre le Grand : un regard tourné vers l’Occident

Pierre le Grand (1672-1725) dirigeant la construction de Saint-Pétersbourg (tableau du XVIIIe siècle).
Pierre le Grand (1672-1725) dirigeant la construction de Saint-Pétersbourg (tableau du XVIIIe siècle).

Admiré par les uns, honni par les autres, Pierre le Grand demeure sans conteste l’un des tsars les plus controversés de l’ancienne Russie.
Né en 1672, Pierre Alexeïevitch ceint la couronne à l’âge de dix ans tout juste et partage le pouvoir avec son demi-frère, Ivan V. En 1689, il renverse son frère et occupe seul le trône. Décidé à sortir la Russie de son carcan féodal, il modernise l’industrie du pays et, surtout, tente de trouver des ouvertures maritimes vers les « mers chaudes ».
La Russie entre ainsi en guerre contre les Turcs auxquels elle prend le port d’Azov en 1696 puis se tourne vers le Nord où elle dispute à la Suède la Finlande, l’Estonie, la Livonie et la Poméranie. Le conflit durera plus de vingt ans mais, avant même la fin de la guerre, la Russie aura repoussé ses frontières jusqu’à la Baltique et acquis les provinces d’Estonie, de Livonie, de Carélie et d’Ingrie.
Mais Pierre le Grand n’est pas seulement un conquérant : il ouvre son pays à la civilisation européenne du XVIIe siècle. Après un voyage en Europe, il introduit le tabac, adopte le vêtement européen et supprime le port de la barbe.
En 1703, il fonde la nouvelle capitale, Saint-Pétersbourg : située sur la mer Baltique, « la Venise du Nord » aux multiples canaux est « la fenêtre de la Russie sur l’Europe ».
Le tsar y développe les arts, l’industrie, l’architecture, le commerce et y crée l’Académie navale. Il renforce aussi son armée et installe les bases de l’industrie militaire dans la capitale.
Mais l’ambition de Pierre le Grand est de réformer la Russie en profondeur : il réorganise l’ensemble du système gouvernemental, remplace le conseil des boyards par un Sénat et soumet l’Église à l’État. Ces changements vont bouleverser le pays et provoquer des troubles, réprimés dans le sang.
Le 8 février 1725, Pierre Ier meurt, après quarante-trois ans de règne où il « bouscula le temps et les choses ».