Quant la chasteté fait polémique

Un mariage au Moyen Age, d'après un retable de l'époque.
Un mariage au Moyen Age, d’après un retable de l’époque.

En mai 2007, la polémique avait secoué le monde médiatique ; voilà qu’elle rebondit avec « l’annulation de  l’annulation » de ce fameux mariage compromis pour cause de mensonge sur la virginité de l’épouse. Et qui dit polémique, dit, à tout le moins, une multitude de contestations, d’oppositions, d’affirmations aussi. Bien entendu, personne, certainement, n’oserait remettre en cause la religion musulmane ; pas même les traditions dont elle s’entoure… Personne ne l’oserait d’autant que l’Europe chrétienne a son lot de « barbarismes » et obscurantismes. Pour preuve, ces fameuses ceintures de chasteté dont les seigneurs –les roturiers, eux, ne sauraient s’offusquer d’être cocus- pourvoyaient leurs femmes à la veille d’un départ en croisade ou à la guerre.
Cette vérité assenée avec la force de la conviction, l’intervenant a alors tout loisir de s’étendre sur le manque de modernisme et d’ouverture de certains esprits sans doute trop religieux.
Sans vouloir entrer dans la polémique de « l’annulation de l’annulation » ; pas plus que dans le débat de l’opportunité de mettre à mal certaines traditions, il serait bon qu’enfin on mette un terme à ce mythe des ceintures de chasteté. Un mythe, un mensonge de l’histoire qui a la vie dure puisqu’il sert encore d’argument aux polémistes amateurs. Un mensonge qui trouve son origine dans le désir d’assombrir encore l’image du Moyen Age. Un mensonge qui a même ses preuves, exposées pendant longtemps au musée des Thermes, à Paris, et ses témoins avec Brantôme et Rabelais. Sauf que les preuves sont des faux, du XVIIe siècle, et les témoins des auteurs, du XVIe siècle. Point de Moyen Age dans cette affaire, pas plus que de ceinture de chasteté…