Richard le Cruel

Richard Cœur de Lion faisant exécuter les prisonniers musulmans (détail d'une gravure du XIXe siècle).
Richard Cœur de Lion faisant exécuter les prisonniers musulmans (détail d’une gravure du XIXe siècle).

Il est des êtres qui, au delà de la mort et malgré toutes les preuves historiques, ont acquis une véritable aura de légende. Tel est le cas de Richard Cœur de Lion, vu par les Anglais comme par les Français comme un parangon de vertu, comme le modèle du chevalier, généreux, juste et incarnation même de l’honneur. Pourtant, rien n’est plus faux.
Second fils d’Henri II Plantagenêt et d’Aliénor d’Aquitaine, Richard apparaît dès sa jeunesse comme un trouble fête, avide de pouvoir et de gloire. À de multiples reprises, il se révolte contre son père, allant même jusqu’à faire hommage au roi de France pour les terres aquitaines ; devenu roi d’Angleterre (1189), il n’a de cesse de se poser en porte-étendard de l’Occident chrétien, quitte à se brouiller avec Philippe Auguste -qui n’avait pas non plus un caractère facile- ou avec Léopold d’Autriche -action qu’il payera cher en demeurant plusieurs mois dans les geôles de ce prince au retour de la croisade. Enfin, il fait preuve d’une telle cruauté en Terre sainte que les musulmans en gardent un souvenir horrifié dans leurs chroniques. D’ailleurs, le surnom de « Cœur de Lion » qui passera à la postérité n’avait à l’origine rien d’aimable puisqu’il soulignait sa témérité autant que son manque de miséricorde…