Robin des Bois : l’idole des pauvres ?

Affiche du film Robin des Bois, avec Errol Flynn.
Affiche du film Robin des Bois, avec Errol Flynn.

Cartouche, Mandrin sont les héritiers de Robin des Bois. Et à plus d’un titre. Brigands devenus héros, inconnus placés au rang d’icônes nationales, Robin et ses prédécesseurs ont tout du mythe, y compris la portée de leur action. De fait, les uns comme les autres ne furent jamais que des voleurs de plus ou moins grande envergure à qui on a attribué, pour des raisons politiques, un rôle héroïque.
C’est dans la seconde moitié du XIVe siècle qu’apparaît, pour la première fois, Robin des Bois, un personnage de roman qui n’acquiert à la célébrité qu’au XVIe-XVIIe siècles. C’est également là qu’il évolue sous le règne des Plantagenêts. Fidèle du roi Richard pour les uns, résistant saxon pour les autres, Robin se voit annobli, doté d’une terre et d’une habitude : celle de redistribuer ses rapines aux pauvres. De fait, parce qu’il a désormais le statu de héros, il doit également avoir celui de saint homme, à des époques où le peuple se fait plus remuant, joue de la révolte.
Déjà, la date de création ou d’apparition de son personnage -1377- coïncide parfaitement avec une période de tension : le règne du faible Richard II commence tout juste et, dans peu de temps, il devra faire face à la révolte paysanne de Wat Tyler. Le reste de la conquête littéraire de Robin correspond également à un temps troublé en Angleterre : la guerre de Cent Ans finit à peine et le pays se voit plonger dans une période de crise aussi bien politique -la guerre des Deux Roses viendra bientôt- évidemment suivi par une période de forte tension économique.
De la même façon, Cartouche ou Mandrin séviront alors que la révolte, la famine se font plus pressant. Et tous, au final, atteindront au statu de héros du peuple plus par volonté politique que par réalisme. Car ni les uns ni les autres ne se soucieront du peuple ne volant que pour leur propre compte ; les uns et les autres séviront en un temps de révolte populaire, une révolte que leurs personnages devaient porter plus loin, avec plus d’intensité.