Saint François-Xavier, l’aventurier de Dieu

Francisco de Jaso, devenu saint François-Xavier (1506-1552).
Francisco de Jaso, devenu saint François-Xavier (1506-1552).

Béatifié en 1619 par le pape Paul V et canonisé trois ans plus tard à Rome, il a, écrit l’un de ses biographes, parcouru la terre pour porter la parole divine à ceux qui l’ignoraient et réussi à amener vers le Christ plus d’un million d’âmes.
Rien, pourtant, ne destinait François-Xavier, fils d’un conseiller de Jean III, roi de Navarre, à devenir l’une des plus grandes figures du christianisme. La tradition familiale l’orientait vers le métier des armes. Mais le jeune François-Xavier, plus porté vers la littérature, va à Paris suivre des études à la Sorbonne. Reçu maître en philosophie en 1530, à l’âge de vingt-quatre ans, il dispense des cours au collège de Beauvais. Brusquement, il abandonne l’enseignement pour s’engager dans la voie apostolique aux côtés d’Ignace de Loyola, fondateur de l’ordre des jésuites. Faisant vœu de pauvreté, il part pour Bologne où, durant plusieurs années, il consacre sa vie à soigner les malades dans les hôpitaux et les prisons. Il se charge également de l’éducation des masses populaires et on le voit souvent prêchant la parole divine, juché sur un banc.
À la demande d’Ignace de Loyola, il s’embarque en 1541 pour l’Extrême-Orient et accoste un an plus tard à Goa, capitale des Indes portugaises. Pendant sept ans, il accomplit de très nombreuses conversions, traduit le catéchisme dans la langue du pays et forme des missionnaires destinés à le remplacer. En 1549, il s’embarque pour le Japon et poursuit sa mission malgré les sévices que lui font subir les prêtres bouddhistes fanatiques. Et quand il part, deux ans plus tard, il laisse un grand nombre de missionnaires sur place. François-Xavier, que tout le monde appelle désormais saint Père, forme le souhait de se rendre en Chine en 1552. Mais sur le chemin, il tombe malade dans l’île de San Chan, et meurt le 2 décembre de cette année, à l’âge de quarante-quatre ans. On l’enterre sur place et on verse de la chaux vive sur son cerceuil. La tradition dit que, lorsqu’en février 1553, on l’exhuma pour le ramener à Goa, son corps était intact.