Sévère Alexandre, « l’apôtre de la paix »

Denier de Sévère Alexandre.
Denier de Sévère Alexandre.

Rome, certainement, ne méritait guère un tel empereur. Un empereur amoureux de la vertu ;  un empereur adepte des préceptes chrétiens tout en demeurant païen ; un empereur qui fera tout pour ne pas entrer en guerre.
Né en Phénicie, Sévère Alexandre sera adopté par son cousin Héliogabale et nommé César avant de lui succéder à l’âge de treize ans à peine, en 222 après J.-C.. Parfaitement éduqué par sa mère et sa grand-mère au point de devenir un modèle de vertu, le nouvel empereur n’était guère "taillé" pour la fonction. Sa trop grande bonté, son désir de ne pas provoquer le malheur étaient même en contradiction profonde avec le rôle impérial. Encore plus avec celui d’un souverain confronté à la poussée barbare aux frontières de l’Empire, avec celui d’un souverain confronté aux désirs d’indépendance ou de révolte des uns et des autres.
Encadré par des hommes énergiques, les jurisconsultes Paul et Ulpien, Sévère Alexandre devait tenter une politique de stabilisation de l’empire. Pour ce faire, Paul et Ulpien avaient dans l’idée d’écarter les militaires de la politique et de rendre au sénat la direction des affaires. La réaction des militaires ne se fera guère attendre et, en 228, Ulpien fut massacré, sous les yeux de l’empereur, lors d’une émeute prétorienne. De fait, Sévère Alexandre, véritable apôtre de la paix, se sera guère en faveur auprès des militaires.
Malgré ses réticences, il se verra contraint de déclarer la guerre aux Perses -guerre qu’il gagnera- ; mais lorsque, en 234, la pression des Germains le fit accourir sur la frontière du Rhin, c’est par la négociation et en se proposant d’acheter la paix que Sévère Alexandre tenta de régler le problème. Une philosophie aux antipodes des conceptions des légionnaires qui, indignés, se révoltèrent. Sévère Alexandre et sa mère devaient périr assassinés par leurs hommes (235 après J.-C.). La dynastie des Sévères n’était plus et l’empire entrait dans une ère d’anarchie militaire qui durera une quinzaine d’années.