Siméon le Magnifique

Le tsar Siméon Ier de Bulgarie.
Le tsar Siméon Ier de Bulgarie.

Grand, magnifique : tels sont les qualificatifs que l’on accole volontiers au nom de Siméon Ier, tsar des Bulgares de 893 à 927.
C’est pourtant comme otages de l’empereur de Byzance que le fils de Boris Ier passer les premières années de sa vie. Et, comme au temps antiques, la condition d’otage, quoi que légèrement inconfortable, avait bien des avantages, comme celui d’acquérir une culture et une connaissance propre aux cours les plus évoluées. Tel sera la cas de Siméon qui lisait Aristote et Démosthène dans le texte.
Appelé sur le trône par son père qui avait préféré finir sa vie sous l’habit de moine, il oublia ses années de jeunesse -durant lesquelles la captivité n’était qu’un terme politique, sans plus- pour se lancer dans une lutte frontale contre l’empereur byzantin, Léon VI le Sage. Le but était évidemment de se libérer de la tutelle forcée de Byzance et de conserver l’indépendance du trône bulgare. Léon VI s’étant attaché le concours des Magyars, qui allaient envahir le nord de la Bulgarie, Siméon fit appel aux Petchénègues qui devaient faire reculer les Byzantins jusque sous les murs de Constantinople. Léon VI, à genoux, demandera la paix et devra verser un tribut (904).
Mais cette humiliation ne satisfaisait pas Siméon dont les ambitions étaient largement à la hauteur de la culture qu’il avait acquise à Constantinople. Alors que les Grecs lui avaient cédé une partie de la Macédoine, Siméon reprit la guerre contre Constantin VII, successeur de Léon VI, et, après la victoire d’Anchialos (917), après la prise d’Andrinople (922), Siméon mit à son tour le siège devant la capitale de l’empire. Ceux sont les Serbes, prêts à le prendre en tenaille, qui le feront céder, non sans avoir obtenu le paiement d’un second tribut. Finalement, Siméon devait se retirer, définitivement, en 927, laissant un royaume à son apogée, tant sur le plan politique que culturel, la nouvelle capitale du royaume, Preslav, étant devenue, sous l’impulsion du tsar, un grand centre intellectuel.