Sixte V : l’homme de fer du Vatican

Sixte V (1520-1590).
Sixte V (1520-1590).

Rapidement après la mort du fondateur de leur ordre, les Franciscains vont abandonner la stricte règle émise par saint François pour devenir une des "armes de pointe" de la chrétienté. Une arme dans le domaine de la connaissance et de la prédication, deux terrains qu’ils partageront avec les Dominicains.
C’est donc parmi ces Franciscains de deuxième génération, si l’on peut s’exprimer ainsi, que va apparaître un certains nombre de grands prédicateurs ou, tout simplement, de grands hommes de l’ordre. Parmi eux, Felice Perreti, fils d’un jardinier, entré chez les Franciscains de Montalto à l’âge de douze ans, devenu prêtre en 1547 (à vingt-six ans), qui se distinguera d’abord comme professeur et comme prédicateur avant de devenir le général de son ordre, en 1566. La "carrière" de Felice Perreti avait été fulgurante ; elle ne s’arrêtera pas là. En 1570, il coiffe le chapeau de cardinal, devient l’année suivante évêque de Fermo et est finalement élu pape en 1585 sous le nom de Sixte V. Intelligent, énergique aussi, il saura mettre fin à l’anarchie romaine, refaire de l’administration vaticane une organisation exemplaire, réparer des monuments, faire bâtir l’Acqua Maria et déterrer l’obélisque de Caligula, qui ornera dès lors la place Saint-Pierre.
Surtout, il réorganisera la curie romaine, donnant aux quinze congrégations de la cité leurs statuts et fixant le nombre de cardinaux à 70. En politique étrangère également, Sixte V jouera un rôle non négligeable, maintenant l’équilibre entre les puissances catholiques. En effet, s’il encouragea Philippe II d’Espagne contre les protestants de France et d’Angleterre, il mettra aussi en échecs les visées de ce dernier sur la France et traitera favorablement Henri IV, encore protestant.
Au final, cet homme de fer paraît avoir été aussi important pour l’Eglise elle-même, une Eglise frappée de plein fouet par l’hérésie protestante, que pour la chrétienté dans son ensemble.