Sparte : au temps des soviets…

Un guerrier spartiate, d'après une illustration moderne.
Un guerrier spartiate, d’après une illustration moderne.

Militaire par l’entraînement intensif de ses fils et de ses filles, communiste par son système de prise en charge complète de l’individu et par un partage égal des terres, la cité de Sparte n’a pas toujours eu ce statu si particulier qui fit sa gloire… et sa déchéance.
Réputée pour la finesse de ses céramiques et pour sa production de figurines en bronze, haut lieu de l’art poétique, la Sparte primitive sera également une des première à se doter d’une constitution. En effet, c’est sans doute vers 700 avant J.-C. qu’est établie la Rhètra (littéralement « la loi ») qui servira de base à la première constitution spartiate. Etablie sous forme d’oracle, elle incite à la mise en place d’un système politique assez proche, en apparence, de celui de nos démocratie. Ainsi, il est établie qu’à l’âge d’homme -30 ans-, les Spartiates sont invités à élire une gérousia –une assemblée d’hommes plus âgés comme l’indique son nom- parmi lesquels seront désignés deux souverains.

Pourquoi deux ? Nul ne le sait. Ce n’est certainement pas par désir de préserver un quelconque équilibre, une équité, les rois de Sparte n’ayant guère qu’un rôle mineur. Chefs de guerre, grands prêtres de la cité, ils sont en fait assujettis, comme le reste de la population, à la gérousia, qui détient le véritable pouvoir. Or cette assemblée, sous des dehors démocratique –après tout elle est élue- est une oligarchie. Elus à vie, les membres de la gérousia détiennent les pleins pouvoirs, notamment judiciaires –elle n’a laissé aux rois que quelques miettes tout à fait mineures-, et n’ont de compte à rendre à personne. Une situation politique qui appelle nécessairement des abus.
Et c’est de cette démocratie dévoyée que va naître la Sparte célèbre, la Sparte combattante mais aussi esclavagiste, inégalitaire et communautaire –les enfants sont élévés par la communauté de 7 à 30 ans. Une Sparte, enfin, qui paraît bien proche de l’idéal soviétique…