Sur la tombe de sa maîtresse

Caricature anti-boulangiste, mettant en scène le général Boulanger (1837-1891).
Caricature anti-boulangiste, mettant en scène le général Boulanger (1837-1891).

La vie et la carrière du général Boulanger pourraient être le sujet d’un roman d’aventures ; mais sa mort ne saurait dépasser le cadre des publications racoleuses…
C’est comme militaire que Boulanger se distingue d’abord : soldat de mérite, il combat vaillamment en Kabylie, en Italie, en Cochinchine et enfin durant la guerre de 1870, si bien qu’il est nommé, en 1886, ministre de la Guerre du gouvernement Freycinet. De belle allure, se montrant très ferme avec l’Allemagne, soucieux de réorganiser l’armée, Boulanger acquiert rapidement une immense popularité et rassemble autour de sa personne tous les mécontents du régime : républicains autoritaires, radicaux, bonapartistes, nationalistes et même nationalistes. Devenu une menace pour le gouvernement, Boulanger est mis à la retraite en 1888… et se lance donc dans une carrière politique. Élu député lors des élections partielles de juillet 1888, il se présente à nouveau en 1889 : il est élu dans quatre départements et à Paris. La France est dans sa main : il n’a plus qu’à marcher sur l’Élysée. Mais Boulanger tergiverse, recule, laissant au gouvernement le temps de se ressaisir. L’occasion est manquée ! Exilé à Bruxelles, le général Boulanger, qui avait su ébranler le socle de la République, se suicide, le 30 septembre 1891, sur la tombe de sa maîtresse.