Vanth, la porteuse de lumière

Détail d'une fresque étrusque représentant un défilé funèbre, avec Vanth, au centre.
Détail d’une fresque étrusque représentant un défilé funèbre, avec Vanth, au centre.

Si les dieux des Enfers étrusques sont bien Aita et Phersipnai, les équivalents d’Hadès et Perséphone, deux divinités infernales caractérisent l’Au-delà de l’ancienne Etrurie : Charun et Vanth. Charun est Charon, le nocher des Enfers, mais un nocher typiquement étrusque. Quant à Vanth, que certains associent à la déesse grecque Hécate, elle ne devra son évolution en une sorte de Furie qu’à l’influence grecque et sans doute aussi à l’évolution de son homologue.
A l’origine, et dans la mythologie étrusque proprement dite, Vanth est une jeune et belle déesse, clairement reconnaissable sur de nombreuses tombes. Elle ne distribue nul bienfaits, mais nul méfaits non plus. Son rôle est de recueillir le dernier soupir du défunt puis de le guider vers les Enfers, en l’éclairant de sa torche. A la tête d’un véritable cortège de déesses ou de génies qui lui ressemblent trait pour trait, la déesse encapuchonnée, parfois dotée d’ailes, est une divinité clairement psychopompe. Son voyage, elle l’accomplit, telle l’Epona celte, à dos de cheval, d’hyppocampe ou même, comme le révèle une urne trouvée dans une tombe de Volterra, chevauchant une sorte de dragon, nommé le kettos.
Son cortège, lui, poursuit sa route à pied, mais c’est bien la seule différence entre Vanth et celles qui peuplent son cortège. Au point que les spécialistes ont vu dans ces divinités accompagnatrices des échos de la déesse, comme cette divinité était multiple… comme son compagnon Charun.
Au final d’ailleurs, c’est bien au pluriel qu’il faudrait évoquer cette divinité, de la même façon que Lamie ou Gorgone sont devenues les Lamies et les Gorgones.