Verrochio : l’orfèvre inconnu

Le David de Verrochio (bronze).
Le David de Verrochio (bronze).

On pourrait dire que cet artiste est un inconnu à double titre : son nom n’est pas le sien réellement et, outre la peinture et la sculpture auxquelles son nom est attaché pour l’éternité, le commun ignore son premier métier.
De fait, Andréa di Michele di Francesco Cioni était orfèvre. Et c’est en référence à son maître en orfèvrerie qu’il prendra le nom d’Andréa del Verrochio. De cette époque, il ne reste guère de trace ; tout juste un bas-relief représentant la Décollation de saint Jean-Baptiste pour l’autel d’une église de Florence.
Verrochio est donc plus connu comme peintre. Et encore, les œuvres que l’on peut lui attribuer avec certitudes sont tout juste au nombre de deux. La Madone de la cathédrale de Pistoia sera exécutée avec son élève, Lorenzo di Credi ; et le Baptême du Christ, actuellement conservé au musée des Offices, à Florence, verra la « patte » de Léonard de Vinci qui exécutera les deux anges du tableau.
Reste, enfin, la sculpture. Et là encore, l’œuvre de Verrochio est peu connue. Certes, son David est demeuré célèbre, comme les commandes de Laurent de Médicis qui lui fera exécuter le tombeau de Pierre et de Jean, ses frères, ainsi que l’Enfant eu poisson de la cour du Palais Vieux ou encore le Christ et saint Thomas, qui ornera l’église d’or de San Michele.
Autant d’œuvres d’art qui auraient du mettre Verrochio au rang des plus célèbres artistes de son temps. Car comme eux, il est un des plus grands. Seulement voilà, il est comme eux, à la même époque qu’eux. De fait, le grand « défaut » de Verrochio est sans nul doute d’avoir vécu à une époque si foisonnante en œuvres d’art et en artistes. Un phénomène que son mécène, d’ailleurs, ne cessera d’accentuer.