Vézelay : au cœur de la chrétienté

Tympan de l'église de Vézelay représentant le Jugement dernier.
Tympan de l’église de Vézelay représentant le Jugement dernier.

Si la fondation du monastère bénédictin de Vézelay par un des principaux vassaux de l’empereur Lothaire date de 860, ce n’est guère que deux siècles plus tard qu’il devient un des lieux incontournables de la chrétienté. La tradition voulait que sainte Marie-Madeleine, la fameuse pécheresse de l’Evangile, se soit réfugiée Gaule et qu’elle y ait été enterré. Si la Sainte-Baume restait le lieu de sa retraite, le bruit commença à courir que Vézelay possédait quelques reliques de la sainte. Dès ce moment, Vézelay, qui était également une étape sur la route de Lorraine et d’Allemagne vers Saint-Jacques de Compostelle, devint en lui-même un lieu de pèlerinage. Pour faire face à l’afflux de visiteurs, la construction d’une nouvelle abbatiale fut  décidée en 1096 ; elle sera consacrée en 1104 et achevée en 1215. C’est l’actuelle basilique Sainte-Marie-Madeleine.
L’histoire de l’abbaye, dont l’indépendance eut toute les peines du monde à se maintenir face aux velléités de pouvoir et de richesse des comtes de Nevers, d’Autun ou même de Cluny, sera encore le théâtre du lancement de la IIe croisade par saint Bernard (1146) ; c’est là également, qu’en 1190, Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion se donneront rendez-vous avant de partir pour la IIIe croisade.
Saint Louis s’y rendra à plusieurs reprises, mais surtout avant de s’embarquer pour l’Egypte. Le XIIIe siècle verra un léger déclin de Vézelay lorsque la Sainte-Baume, près de Saint-Maximin, fut mis en exergue par les Dominicains ; la guerre de Cent ans achèvera de ruiner l’abbaye qui sera sécularisée en 1537 et transformée en collégiale.