L’Australie : terre d’exil

Aborigène d'Australie, d'après une iconographie du XIXe siècle.
Aborigène d’Australie, d’après une iconographie du XIXe siècle.

Découverte par les Hollandais en 1606, l’Australie est une terre hostile, lointaine, inconnue lorsque, en 1770, James Cook, qui vient juste d’acquérir la Nouvelle-Zélande, en prend possession pour la couronne d’Angleterre. Ces deux colonies vont désormais remplacer les lieux d’exil et de déportation que l’Angleterre vient de perdre avec les colonies américaines.
En janvier 1788, sept cent dix-sept forçats, dont cent quatre-vingts femmes, accompagnés de deux cent dix soldats, débarquent à Port Jackson, rebaptisé Sydney par le tout premier gouverneur de l’Australie. Hommes et femmes fondent la Nouvelle-Galles du Sud, sur la côte orientale et, malgré les difficultés, organisent la colonie.
L’Australie, qui fait près de douze fois la taille de la France, n’est alors peuplée que d’environ cinq cent mille aborigènes et la grande majorité de ses terres reste longtemps inexplorée. La Nouvelle-Galles du Sud n’accède au statut de colonie britannique qu’en 1823 : ainsi naquit l’Australie… 

Cartier… de la Chine au Canada

Portrait de Jacques Cartier (1491-1557).
Portrait de Jacques Cartier (1491-1557).

C’est vraisemblablement au large de Terre-Neuve que Jacques Cartier, marin déjà aguerri, conçoit son grand projet : comme tant d’autres avant lui, il rêve de trouver le fameux passage du Nord-Ouest, passage qui doit le conduire vers la Chine. Une route que tous les explorateurs tentent de trouver, avec une persévérance admirable, depuis des siècles et qui a déjà permis la découverte de l’Amérique.
François Ier, qui voit avec regret l’Espagne et le Portugal se partager le monopole des découvertes, agrée à son idée et c’est avec l’accord et les finances du roi que Cartier arme deux bâtiments en avril 1534. Après avoir longé Terre-Neuve et la côte ouest du nouveau continent, il pénètre dans ce qui lui paraît un bras de mer et qui se révèle être le Saint-Laurent. Il aborde à Gaspé : une croix, plantée en terre, indique la nouvelle possession du roi de France, possession à laquelle Cartier donne le nom de Canada, qui vient du mot iroquois « kanata », ce qui signifie « village ». Pourtant, ce ne sont pas les Iroquois que Cartier croise en premier sur sa route mais, vraisemblablement, les Hurons qui parlent une langue proche de l’iroquois.
Le Canada est une terre pleine de promesses à en croire les Indiens : Cartier est convaincu ; de retour en France, en septembre 1534, il convainc à son tour le roi. Et dès mai 1535, il reprend la mer. Fort de trois nouveaux bateaux et de la confiance de François Ier, le Malouin pénètre hardiment à l’intérieur des terres. Remontant le Saint-Laurent, il atteint le village indien d’Hochelaga qui deviendra, sous l’égide des Français, Mont Royal puis Montréal.
Après un hiver rigoureux marqué par les ravages du scorbut, l’équipage de Cartier reprend la mer. De retour en France, en 1536, le marin n’a de cesse de remonter une expédition avec, cette fois, l’idée d’installer une colonie. Ce sera le but de la dernière expédition du Malouin, que le roi de France va cependant soumettre à l’autorité de Jean-François de la Roque, seigneur de Roberval et premier gouverneur de la « Neuve-France ».
En 1541, les premiers colons s’installent le long des rives du Saint-Laurent. Cartier, quant à lui, retourne en France sitôt les cales pleines. Mais les richesses attendues ne sont en fait que du schiste ou du cuivre. Dès lors, le roi se désintéresse de la nouvelle colonie et c’est, dans un relatif anonymat, que meurt Cartier, en 1557.
D’un point de vue strictement pratique, le bilan de l’aventure Jacques Cartier peut sembler bien maigre. On peut dire que les trois expéditions entreprises par le Malouin peuvent être considérées comme des échecs sur toute la ligne : la route septentrionale des Indes n’existe pas, les fameuses pierres précieuses rapportées du Canada sont sans valeur, les hivers sont si durs que la colonisation semble impossible. Pourtant, derrière cet apparent échec, l’œuvre de Jacques Cartier nous apparaît aujourd’hui considérable. Il a enrichi la connaissance géographique et permis les progrès de la cartographie ; il a baptisé des dizaines de lieux et certains toponymes ont vécu jusqu’à nos jours ; par ses écrits, il a transmis l’histoire de ses voyages à la postérité.
Si les découvertes du Malouin sont sans commune mesure avec celles d’un Christophe Colomb, d’un Vasco de Gama ou d’un Magellan, elles représentent néanmoins un apport considérable à la connaissance géographique.
Quant à Cartier lui-même, s’il n’était pas le premier navigateur qui soit parvenu jusqu’au golfe Saint-Laurent -il avait été précédé dans ces parages, notamment par Cortereal, Cabot et Verrazzano- personne ne lui a jamais contesté l’honneur d’avoir véritablement fait et assuré la découverte du Canada.

Formose « la belle »

Carte de l'île de Formose (XVIIIe siècle).
Carte de l’île de Formose (XVIIIe siècle).

Ce sont les Portugais qui, lors de leur première apparition sur l’île, en 1590, vont lui donner le nom de Formose, qui signifie « la belle ». de fait, l’île de T’ai-wan –de son nom chinois- sera l’objet de bien des conquêtes, de bien des convoitises. Occupée par les Hollandais qui, à partir de 1624, en font un riche comptoir commercial, elle sera successivement occupée par la Chine –qui l’interdit aux étrangers jusqu’en 1858-, du Japon (1874), des Français (1884-1885), à nouveau du Japon (1895) et encore de la Chine. Mais si belle soit elle, cette île aurait sans doute connue le sort de la multitude d’îlots placés sous le contrôle de l’Empire chinois si, à partir de 1949, elle n’avait abrité le gouvernement nationaliste de Tchiang Kaï-chek.
Refuge des exilés du communisme, symbole d’une autre Chine, une Chine ouverte, libre, Taïwan représente, depuis plus de 60 ans, un véritable camouflet pour le pouvoir communiste qui, malgré ses prétentions néo-capitalistes, n’en continue pas moins de proclamer la prochaine « libération » de l’île…

Francisco Pizarre à Cusco

Ancien combattant des guerres d’Italie, l’Espagnol Francisco Pizarre (1475-1541) part à la conquête du Pérou. Parvenu à San Mateo, en Équateur, en 1531, Pizarre pénètre dans l’Empire des Incas. Au terme d’une équipée fantastique, il entre triomphalement à Cusco, le 15 novembre 1533.
Cusco, qui signifie le « nombril du monde », est la prestigieuse capitale des Incas, mais l’arrivée de Pizarre la rabaisse alors au rang de simple ville conquise. Mettant à profit les guerres intestines qui déchirent les indigènes, l’Espagnol et cent cinquante cavaliers conquièrent définitivement le Pérou. Mais la gloire de Pizarre est de courte durée et il est assassiné en 1541 au cours des affrontements qui opposent les conquistadores entre eux.

L’Inde passe aux Anglais

Joseph-François Dupleix (1697-1763).
Joseph-François Dupleix (1697-1763).

Le XVIIe siècle est le siècle de la conquête commerciale, le XVIIIe sera, en revanche, celui des abandons et du repli. C’est de Pondichéry, dont il est gouverneur depuis mars 1742, que Joseph François Dupleix (1697-1763), administrateur colonial, lance une véritable offensive en Inde.
Prenant appui sur les comptoirs de Mahé, Chandernagor, Karikal, Yanaon et Surat, Dupleix tente de « faire rendre gorge » à l’éternel ennemi de la France, l’Angleterre. Fort du soutien de la Compagnie des Indes qui lui fournit deux mille quatre cents fantassins, il s’attaque aux comptoirs anglais puis s’empare de Madras et enfin, il étend l’influence française jusqu’à l’intérieur des terres. Mais l’Angleterre résiste, contre-attaque et le conflit s’éternise. Aussi, en 1754, Dupleix est-il rappelé en France et sa politique désavouée. L’année de sa mort, en 1763, le traité de Paris efface son œuvre, d’un trait de plume, en cédant à l’Angleterre l’empire français des Indes.