Ceylan, l’âme du « Petit Véhicule »

Une habitante de Ceylan et son enfant (gravure du XIXe siècle).
Une habitante de Ceylan et son enfant (gravure du XIXe siècle).

C’est par l’invasion de l’île que Ceylan entre véritablement dans l’histoire : les Aryens d’Inde s’emparent des côtes au Ve siècle avant J.-C., repoussant vers l’intérieur des terres les Vedda, un peuple de chasseurs. A la même époque, en 483 avant J.-C., le prince indien Vijaya fonde le premier royaume singalais, de civilisation hindouiste. C’est au IIIe siècle avant J.-C. que le bouddhisme est introduit dans l’île par des missionnaires envoyés par l’empereur indien Açoka. Anuradhapura devient alors la capitale du bouddhisme singalais et c’est de là qu’elle va rayonner sur toute l’Indonésie et la péninsule malaise. La tradition bouddhiste veut même que ce soit les moines de Ceylan qui, au Ier siècle avant J.-C., mirent par écrit le canon pâli, faisant de Ceylan le cœur du bouddhisme du Petit Véhicule.
Un statu qui n’empêchera pas Ceylan d’être la proie des invasions. Dès les premiers siècles de notre ère, les Tamouls allaient tenter, à plusieurs reprises, de s’emparer de l’île. Ils y réussiront presque, notamment au XIe siècle, lors de l’invasion du roi des Chola, Rajaraja Ier. Réfugiés dans la partie sud-ouest de l’île, les Singalais devaient finalement se redresser au XIIe siècle et reconquérir la majeure partie de l’île. Un royaume tamoul devait cependant perdurer a nord de l’île.
L'île de Ceylan, d'après une carte catalane ancienne.
L’île de Ceylan, d’après une carte catalane ancienne.

Déjà connue et régulièrement visitée par les voyageurs arabes, Ceylan commence à être colonisée par les Portugais en 1505. Le christianisme apparaît et seul le royaume indigène de Kandy, situé dans un massif montagneux au centre de l’île, parvient à conserver son indépendance… jusqu’au début du XIXe siècle.
Par contre, le reste de l’île va être la proie des colons divers : en 1656, les Hollandais chassent les Portugais, avant de céder la place, à leur tour, en 1795, aux Anglais. Une possession reconnue en 1802 au traité d’Amiens. Après un premier échec en 1803, les Anglais parviendront même à s’emparer du royaume de Kandy en 1815, jusqu’aux jours de l’indépendance de l’île en 1945.

Brazza « l’Africain »

Pierre Savorgnan de Brazza (1852-1905) part pour sa toute première exploration en Afrique en 1875. Cet  officier de marine, Italien d’origine, à l’âme aventureuse, explore les côtes du Gabon et remonte le cours de l’Ogooué près duquel il fonde Franceville. Lors d’un second voyage, il reprend la route fluviale de l’Ogooué, atteint le Congo qu’il place sous protectorat français, fonde Brazzaville et devient, en 1886, commissaire général au Congo. Durant ces années de commissariat, il prend la défense des populations noires face au trafic de colons peu scupuleux. Nombre de députés se dressent alors contre lui  et le destituent en 1897. Déçu, amer, il meurt le 14 septembre 1905 à Dakar.

La Nouvelle-Guinée, objet de toutes les convoitises

Un Papou de Nouvelle-Guinée.
Un Papou de Nouvelle-Guinée.

C’est parce qu’il avait été frappé par la ressemblance entre les habitants de l’île que l’Espagnol Ortiz de Retez baptisa la Nouvelle-Guinée de ce nom là. Une vingtaine d’années auparavant, en 1526, c’est un Portugais qui avait découvert cette île située au nord de l’Australie. Une île dont l’insularité restera ignorée de l’Europe jusqu’en 1762 alors que Torres l’avait prouvé en franchissant le détroit qui porte maintenant son nom en 1606. C’est à James Cook que reviendra l’honneur de confirmer l’exactitude du détroit de Torres. Mais si les côtes avaient été parcourus, l’intérieur de l’île demeurera longtemps ignoré. Elle ne commencera à être exploré qu’en 1860 et fera rapidement l’objet de toutes les convoitises.
Peuplée de Papous, de Mélanésiens et de Négritos, peuples demeurés fort primitifs, la Nouvelle-Guinée va faire l’objet, au XVIIe-XVIIIe siècle de l’intérêt des sultans malais des Moluques qui établiront leur suzeraineté sur la partie septentrionale de l’île. La Compagnie néerlandaise des Indes orientales était également sur les rangs et, en 1828, la Hollande revendiquait la partie occidentale de l’île. En 1883, la colonie australienne du Queensland réclama l’annexion du sud-est de l’île -la Papouasie- et Londres hésitait à se lancer dans l’aventure quand la Compagnie allemande de Nouvelle-Guinée vint s’établir sur la côte nord-est. En 1885, un traité officialisait la séparation de l’île en Kaiser Wilhelmsland et en Territoire de Papua.
Une séparation qui ne durera guère : en 1914, profitant du conflit mondial, les Australiens devaient occuper le Kaiser Wilhelmsland. Une tutelle australienne qui allait s’étendre sur la Nouvelle-Guinée orientale, la Nouvelle-Guinée occidentale, dernier vestige de l’empire colonial hollandais faisant l’objet, à partir de 1960, de vives tensions entre les Pays-Bas et l’Indonésie. L’ONU sera une fois de plus l’arbitre : en 1963, l’administration de la Nouvelle-Guinée occidentale se verra dévolue à l’Indonésie.

Alger est tombée ce matin

Audiance donnée au Général Hulin par le Bey d’Alger (1802)

Depuis le XVIIe siècle, l’Algérie était gouvernée par des deys, assistés par une élite turque, qui devinrent rapidement les champions de la guerre de course en Méditerranée. À tel point d’ailleurs que, ne pouvant rien contre les pirates algériens, la plupart des puissance occidentales durent verser un tribut annuel pour assurer leur sécurité.
Pourtant, au début du XIXe siècle, la France, contrairement aux autres puissances européennes, entretient de bonnes relations commerciales avec le dey d’Alger. Mais, en 1827, à la suite d’une obscure affaire de créances dues par la France, le dey Hussein soufflette le consul de France !
La réplique française ne se fait pas attendre : après avoir établi un blocus sur Alger, le roi Charles X décide, en 1830, de lancer une expédition militaire. Trente sept mille hommes, commandés par l’amiral Duperré et par le maréchal de Bourmont, débarquent sur les côtes algériennes le 14 juin. Après la victoire française de Staouéli, Alger capitule. C’était le matin du 5 juillet 1830.

Cartier : la déception canadienne

Jacques Cartier (1491-1557).

On a dit de ce Malouin qu’il « a poussé et grandi dans une barque ». Cartier a, en 1534, quinze ans de voyages en haute mer derrière lui et surtout il a découvert les côtes de Terre-Neuve et d’Arcadie avec Verrazano, dix ans plus tôt. François Ier, qui espère découvrir le passage vers Cathay, c’est-à-dire la Chine, ne l’a pas choisi au hasard. Après une rapide traversée de vingt jours, Jacques Cartier parvient au détroit de Belle-Isle et découvre… le Canada.
Le 12 juin 1534, Cartier rencontre les indigènes pour la première fois, des indiens Hurons qui serviront de guides au Français tout au long de ses trois voyages successifs. Le Canada est une terre pleine de promesses à en croire les Indiens.
Le roi en est convaincu et Jacques Cartier repart pour deux autres missions. En 1535, il découvre le Saint-Laurent et en 1541, il installe un embryon de colonisation. Mais à son retour en France, en 1542, les richesses promises ne sont en fait que du cuivre et du schiste. Ces terres lointaines et décevantes n’intéressent plus le roi. Cartier, réduit à l’impuissance et au désespoir, s’éteint le 1er septembre 1557 à Saint-Malo.