Le nouvel Éden de Bougainville

Louis Antoine de Bougainville (1729-1811).
Louis Antoine de Bougainville (1729-1811).

Je suis un voyageur et un marin, c’est-à-dire un menteur et un imbécile aux yeux de cette classe d’écrivains paresseux qui, dans les ombres de leur cabinet, philosophent à perte de vue sur ce monde et ses habitants.
Fils d’un notaire parisien, Antoine de Bougainville, après des études de mathématiques puis de droit, entre dans la Royale et découvre le Canada et le goût de l’aventure. Emporté par le virus de la découverte, Bougainville entame, en 1766, un tour du monde qui le conduira, du moins l’espère-t-il, vers un nouvel Éden.
Et début avril 1768, son rêve devient réalité : sous ses yeux émerveillés apparaît… Tahiti !
Enthousiasmé, Bougainville en fait une description idyllique, bien qu’il n’y soit resté que sept jours ! De retour en France, il tentera un dernier voyage mais c’est à Paris, en août 1811 que s’éteint un des plus grands navigateurs français.

La bataille d’Agosta

L'amiral Michel de Ruyter (1607-1676).
L’amiral Michel de Ruyter (1607-1676).

La révolte de Messine contre les autorités espagnoles, en 1676, est le prétexte tout trouvé pour Louis XIV de s’opposer encore à l’Espagne. C’est également l’occasion pour Duquesne d’affronter, une fois de plus, l’amiral hollandais Ruyter, venu soutenir les Espagnols. Après quelques combats, les navires ennemis s’opposent, de nouveau, à Agosta, le 22 avril 1676.
Le choc est terrible. Les deux chefs se retrouvent face à face. « Bientôt on vit quelque chose d’extraordinaire se passer sur La Concorde. Son feu chancela, elle vira de bord à la faveur des nuages épais que formaient, de part et d’autres, les canonnades. Ruyter vient de tomber, frappé à mort. ».
La nouvelle sème le désordre dans la flotte hollandaise qui rompt le combat. Duquesne s’incline devant la dépouille de son ennemi vaincu et, sur le passage du vaisseau qui ramène le Hollandais chez lui, Louis XIV ordonne qu’on lui rende les honneurs militaires.

Grotius et le droit maritime

Commun à tous et n’étant propre à personne, tel est l’air qui nous environne et parce qu’il ne peut être occupé et parce qu’il se prête en com-mun à l’usage de tous. Pour les mêmes raisons… la mer est donc au nombre des choses qui ne sont point dans le commerce, c’est-à-dire qui ne peuvent devenir propriétés privées. La mer, étant insaisissable comme l’air, ne peut être ajoutée au domaine d’un peuple… Personne n’ignore qu’un navire qui traverse la mer n’y prend pas plus de droit qu’il n’y laisse de trace.
Ces mots publiés, le 11 mars 1609, pour la toute première fois, dans De la liberté de la mer de Grotius, témoignent, une fois de plus, de la volonté de son auteur de protéger la liberté des peuples.
Hugo de Groot (1583-1645), appelé Grotius, historiographe et philosophe hollandais, est connu comme le «père du droit international», réputation que lui vaut la publication de nombreux ouvrages, particulièrement Du droit de la guerre et de la paix, en 1625. Poursuivi pour ses opinions par les calvinistes et par Maurice de Nassau, Grotius, chantre de la liberté, quitte son pays en 1618 pour se réfugier en France où il devient ambassadeur de Suède au service de la reine Christine. Le « père du droit des peuples » sera un des premiers à se pencher sur le droit maritime.

Amerigo Vespucci, le voleur de gloire ?

Amerigo Vespucci (1454-1512), d'après une gravure ancienne.
Amerigo Vespucci (1454-1512), d’après une gravure ancienne.

Etrange destin que celui de ce marin florentin dont la renommée dépasse celle des plus grands et qui, pourtant, n’a jamais rien découvert. Et c’est bien ce qu’on lui reproche. Voleur de gloire, Amerigo ? Opportuniste ? Ou simple victime d’une querelle perpétuelle entre l’Espagne et le Portugal ?
Le fait est que Vespucci n’a pas découvert le continent qui porte son prénom. C’est clair pour tout le monde, du moins à l’époque, cette découverte est le fait de Christophe Colomb. Mais Colomb ne pensait-il pas aborder les rives des Indes ?
Fils d’un notaire, issu d’une famille riche et considérée, Amerigo Vespucci quitte Florence et se rend en Espagne où il devient commis puis » directeur » d’une grande maison de commerce, celle d’un Florentin, comme lui. Chef comptable, il assurera l’armement des navires de la troisième expédition de Colomb. Peut-être cette transaction et le fait qu’un de ses frères se soit embarqué dans l’aventure en Orient –il a établi un comptoir à Jérusalem- vont pousser Vespucci à désirer découvrir, par lui-même, ces terres lointaines. A-t-il aborder les côtes mêmes du nouveau continent avant Colomb (qui, rappelons-le, aborde, lors de ses premiers voyages, les Antilles) ?
Peu importe, en fait car, même si cela avait été le cas et même si l’argument du lieu géographique pouvait tenir, les frères Cabot seraient alors, eux aussi, les découvreurs du continent, ayant aborder les côtes du Labrador en juin 1497, comme Vespucci, soit un an avant Colomb mais six ans après sa découverte des Antilles. En fait, Vespucci qui fera quatre voyages aux Amériques a surtout fait la découverte, essentielle, que ce continent n’était pas les Indes ou la Chine mais bien un nouveau continent. Et c’est sous les couleurs du Portugal qu’il fait cette constatation, un fait politique qui ne fera qu’alimenter la controverse. Qui l’alimentera mais qui ne la fera pas naître. Car si l’Amérique porte désormais et pour l’éternité le prénom de Vespucci, ce n’est pas par désir d’une  quelconque gloire de la part du Florentin. C’est tout simplement parce que cet homme lettré, amoureux des sciences et des découvertes, va écrire une relation de ses voyages. Et ces relations, ou du moins l’une d’elle –sans doute son troisième voyage-, va tomber entre les mains d’un certain Martin Walltzemüller, un imprimeur allemand ou lorrain. A la lecture des relations de voyages de Vespucci, Walltzemüller publie un petit traité de géographie, axé essentiellement sur les nouvelles découvertes, et donne au nouveau continent le nom d’America. Le nom restera, même si, à l’époque, personne n’a la moindre idée de ce que représente cette découverte ? Le nom restera et donnera à Vespucci une gloire éternelle, une gloire bien amère.

Suffren, héros de la Royale

Pierre de Suffren Saint-Tropez a profondément marqué de son empreinte personnelle l’histoire navale française. Au XVIIIe siècle, la marine connaît un renouveau exceptionnel et Suffren profitera pleinement de l’impulsion donnée par Stainville, Praslin, de Castries (1744-1788) mais aussi par Louis XVI (1754-1793) passionné par ce qu’il appelait joliment ses « chères affaires maritimes ».

Né le 17 juillet 1729, au château de Saint-Cannat, près d’Aix-en-Provence,  Pierre Suffren entre dans la garde de la marine à quatorze ans ; il y reste jusqu’en 1748, date à laquelle il entre à l’ordre de Malte. Successivement  commandeur et bailli de l’ordre, il réintègre la marine royale en 1754, au plus grand désespoir des… Anglais.
Convoitant les colonies françaises du Nouveau Monde, les navires anglais attaquent les transports français sur le Saint-Laurent. La France prend sa revanche à Minorque : l’escadre de La Galissonière et de Suffren fait battre en retraite l’amiral Bing et enlève Port-Mahon en 1756. Suffren est fait prisonnier l’année suivante, mais au cours de la guerre d’Indépendance américaine, il fait subir de graves dommages à l’escadre anglaise, au large du Cap Vert. La lutte maritime entre la France et l’Angleterre s’étend ensuite aux Indes. Pendant l’année 1782, commandant une escadre de douze frégates, Suffren, allié à Haïder-Ali, inflige une série de défaites à l’amiral sir Edward Hughes dans le golfe du Bengale. De retour en France en 1783, après la paix de Versailles, le vice-amiral Suffren trouve la mort dans un duel. Il reste une des plus grandes figures de la navigation : c’est lui qui fit adopter à la marine de guerre le tir de mitraille employé par les Anglais. On tire pour « démolir » et non plus pour « démâter » : la marine française devient alors plus efficace et plus meurtrière.

Pythéas, l’explorateur méconnu

Buste de Pythéas (IVe siècle avant J.-C.).
Buste de Pythéas (IVe siècle avant J.-C.).

Nous sommes au IVe siècle avant J.-C.. Marseille est alors une ville grecque florissante et un grand port de marchandises. C’est là que vit un mathématicien astronome nommé Pythéas.
Un jour, des voyageurs reviennent du nord en racontant que, là-bas, en été, la nuit n’existe pas. Curieux de nature, Pythéas veut aller vérifier ces dires extraordinaires. Voyant là une occasion de découvrir une nouvelle voie commerciale, les Timouques, les consuls de la cité phocéenne, acceptent de financer l’expédition. Sans doute en l’an 330 avant J.-C., l’Artémis lève l’ancre. Pythéas doit emprunter la route du Nord qui conduit vers l’étain et l’ambre -deux précieuses denrées que le monde méditerranéen reçoit de l’Europe du Nord, mais qui jusqu’alors arrivent par des routes terrestres.
Il lui faut affronter les Carthaginois qui, jaloux de leur hégémonie en Méditerranée et dans l’Atlantique, ont installé un poste de surveillance à Carthagène, sur la côte espagnole. Alors Pythéas navigue la nuit, véritable exploit pour l’époque, en se guidant grâce aux étoiles. Il fait même peindre l’Artémis en noir et doit ainsi lutter contre les superstitieux qui voient dans cette couleur un signe de mauvais augure.
Enfin, douze jours après son départ (peut-être le 1er avril), il atteint les Colonnes d’Hercule (Gibraltar) où se tiennent les Carthaginois. Une nef ennemie approche… Pythéas donne l’ordre d’attaquer : le commandant de l’embarcation carthaginoise est tué. C’est alors qu’une immense clameur de joie s’élève : ce sont les prisonniers grecs enfin libérés ! Pythéas a gagné : les Colonnes d’Hercule sont franchies.

Pythéas face à un monolithe breton (gravure du XIXe siècle).
Pythéas face à un monolithe breton (gravure du XIXe siècle).

Il longe les côtes ibériques, atteint le cap Finisterre, au nord-ouest de l’Espagne où il est obligé de naviguer sans voir la terre, fait exceptionnel pour l’époque. Au large d’Ouessant, il mouille dans une large baie aux eaux calmes afin de se reposer. Soudain, l’équipage se réveille : il n’y a plus d’eau sous le bateau ! Pythéas vient de découvrir la marée.
Il remonte ensuite le long de la côte anglaise, à l’est et au nord, et voit d’énormes cachalots qu’il nomme orques. Les îles des Orques seront appelées Orcades. Il entend dire que c’est vers l’étoile polaire, ou Thul-Al, que dort le soleil. Il emprunte donc le chemin que suivront quelques siècles plus tard les Vikings. Il accède ainsi à Thulé, l’Islande : endroit étonnant, où flottent des îles bleues et blanches, les icebergs, et où l’air est si épais de brouillard qu’il semble se mêler à l’eau et à la terre. Mais ses hommes sont tellement effrayés qu’il doit retourner sur ses pas.
Ayant recueilli un Scandinave égaré, il arrive, grâce à ce guide, jusqu’en Norvège. À Marseille, on s’impatiente. Que devient-il ? Alors Pythéas prend le chemin du retour.
Il profite du brouillard pour franchir les Colonnes d’Hercule et échappe ainsi, une fois encore, aux Carthaginois. Quand l’Artémis accoste à Marseille après cinq mois et dix jours de voyage, c’est sous les vivats et les félicitations : les cales sont chargées d’ambre et d’étain et tous ses hommes sont sains et saufs. Alors Pythéas raconte son étrange épopée. Une aventure si extraordinaire qu’on ne le croit pas ! Mensonges, affabulations ! Jusqu’à la fin de ses jours, il devra subir les railleries et les moqueries. Il faudra attendre des siècles pour que le navigateur soit enfin réhabilité.

Bataille navale d’Algésiras

La paix de Lunéville (9 février 1801) qui garantissait à la France la paix sur le continent vient d’être signée, quand la guerre maritime se déclenche avec l’Angleterre.
Par le blocus de Malte et l’isolement dans lequel l’Angleterre tient l’Égypte, elle prouve qu’elle est, sans conteste, maîtresse des océans. Pourtant, ces succès sont entachés par les incursions incessantes de la marine française en Méditerranée.
Les Anglais, avec leurs cent quatre-vingt-quinze vaisseaux de ligne et leurs deux cent cinquante frégates, ont une considérable force navale. Sous l’impulsion du premier consul et le commandement de marins prestigieux, la marine française renoue avec sa gloire d’antan.
La victoire d’Algésiras le prouve : le 5 juillet 1801, au détroit de Gibraltar, le contre-amiral Linois inflige une sévère défaite à l’orgueilleuse Albion. Linois, avec trois vaisseaux, va détruire deux navires anglais et endommager gravement six autres. Ce succès, bien qu’éphémère, contribuera à rehausser le prestige de la marine de France en plein renouveau et désormais prête à affronter l’Angleterre en Méditerranée comme ailleurs.

Les Cabot : explorateurs de père en fils

Sébastien Cabot (vers 1480-1557).
Sébastien Cabot (vers 1480-1557).

Il faut reconnaître que Sébastien Cabot a de qui tenir. Son père, en effet, Giovanni Caboto, devenu John Cabot par la grâce de son bienfaiteur le roi d’Angleterre Henri VII, a déjà abordé les rivages américains lors de l’expédition de 1497. Mais on ignore le lieu précis du débarquement : est-ce le Labrador, Terre-Neuve ou l’île du Cap Breton ?
Un an plus tard, en 1498, John Cabot, toujours poussé par Henri VII, tenta une nouvelle fois d’ouvrir un chemin maritime, par l’ouest, vers l’Inde et la Chine et cette fois, on a la certitude qu’il atteignit le Labrador.
Le jeune Sébastien Cabot fut donc bercé dès son enfance par ces récits de découvertes et d’aventures où son père jouait un rôle de premier plan. Il passe son enfance à Bristol, une des plus grandes métropoles commerciales de l’Angleterre. Dans cette cité portuaire où se mêlaient marins et marchands venus des quatre coins du monde, le jeune Sébastien se prend de passion pour la mer et ses promesses illimitées de gloire et de richesse. Mais il ne se contente pas d’être un marin intrépide ; il poursuit également de solides études classiques : il apprend le grec et le latin, dévore les auteurs de l’Antiquité et surtout Hérodote, le premier et le plus grand reporter-historien de son temps (au Ve siècle avant J.-C.), découvre avec ardeur les récits des voyageurs arabes, notamment ceux de Massoudi,  l’auteur des Prairies d’or qui constitue la plus vaste compilation sur le monde au Xe siècle.
C’est d’ailleurs chez Massoudi que Cabot s’initie à l’astronomie et à la cosmogonie.
À l’âge de vingt et un ans, Sébastien Cabot participe à l’expédition organisée par son père et débarque en Amérique le 24 juin 1497. Il fera aussi partie des autres voyages accomplis par son père en 1498 et en 1500. Après la mort d’Henri VII, en 1509, Sébastien Cabot quitte l’Angleterre et va s’installer à Séville, en Espagne, où le roi Ferdinand II le Catholique lui accorde une rente mensuelle somptueuse (cinquante mille maravedis, ce qui correspond aujourd’hui à vingt mille francs) et le titre de premier cosmographe du royaume.
Sous le règne de Charles Quint, Sébastien Cabot devient le piloto mayor de l’empereur et membre du conseil des Indes. Après plusieurs voyages d’exploration en Amérique du Sud, notamment au Paraguay, Cabot, sans doute par désir d’améliorer son statut et de s’initier à de nouvelles expéditions, quitte l’Espagne et revient à Londres. De là, il ne dirigera plus qu’une expédition vers l’Est cette fois et la mer de Glace. Son retour à Londres sera son dernier voyage et c’est dans la capitale anglaise qu’il meurt en 1557.

Surcouf, l’aventurier des mers

Immortalisé par toute la littérature populaire, Robert Surcouf est né à Saint-Malo le 12 décembre 1773.
Fougueux et indiscipliné dès son plus jeune âge, il embarque pour les Indes en tant que mousse : il a à peine treize ans. Devenu lieutenant en 1791, il fait plusieurs voyages entre Madagascar et l’île Bourbon (La Réunion) comme négrier. Mais c’est surtout en tant que corsaire que Surcouf se distingue : à bord de l’Émilie, de la Clarisse, de la Confiance et du Revenant, il sillonne l’océan Indien, attaquant les navires anglais qu’il rencontre. Surcouf devient alors la «bête noire» de la Compagnie des Indes qui met sa tête à prix, sans aucun succès.
Devenu extrêmement riche, il revient à Saint-Malo où il s’installe comme armateur avant de mourir en 1827. Surcouf reste l’un des pirates les plus admirés et ses aventures ne cessent de faire rêver les adultes et les enfants.

Gama ouvre l’Inde au monde

Vasco de Gama (vers 1469-1524) devant le roi de Calicutt (iconographie du XIXe siècle).
Vasco de Gama (vers 1469-1524) devant le roi de Calicutt (iconographie du XIXe siècle).

C’est Joao Ier et surtout son fils, Henri le Navigateur, qui sont à l’origine de l’extraordinaire expansion maritime du Portugal au XVe siècle. Fondateur d’un immense chantier naval, inspirateur d’une véritable « école » de géographes, Henri le Navigateur verra sous son règne la découverte de Madère, des Açores, du Cap-Vert, de la Guinée et du Sierra Leone. À sa mort, les caravelles portugaises approchent de l’équateur et longent la côte du Liberia actuel. L’impulsion est donnée et, à partir de 1460, l’exploration et le commerce sur les côtes de Guinée sont confiés à Fernao Gomes, qui a pour mission de découvrir chaque année près de cent lieues de littoral ! Grâce à l’expérience accumulée ainsi qu’aux progrès réalisés par les Portugais dans l’art de la navigation, Fernao Gomes avance progressivement vers le sud, tout en développant efficacement le commerce dans la région de la Guinée. Désirant détourner vers Lisbonne le courant des épices qui fait la fortune des Ottomans et des Vénitiens, Joao II fera explorer systématiquement les côtes de l’Afrique et rechercher les meilleures routes dans l’Atlantique Sud. C’est ainsi qu’en 1487, les navires de Bartolomé Diaz doublent le cap des Tempêtes, rebaptisé cap de Bonne-Espérance : l’océan Indien communique avec l’océan Atlantique et il est donc possible d’atteindre les Indes… en contournant l’Afrique.
C’est ce qu’entreprendra Vasco de Gama, sur la demande de dom Manuel « O Venturoso » (c’est-à-dire l’Aventurier). En juillet 1497, Gama quitte Belem, au Portugal, double le cap de Bonne-Espérance et aborde le Mozambique avant d’atteindre Calcutta en 1498. Une odyssée fascinante, relatée par un de ses compagnons, Alvaro Velho. Devenu Amiral des Indes, il entreprendra une seconde expédition, en 1502, qui marque le début de l’empire colonial portugais. Un empire commercial qui fera la richesse du Portugal durant des années.
Avec Gama, écrit Arnold Toynbee, « le Portugal a ouvert à l’Occident le monde fascinant de l’Orient. Dorénavant, s’opère l’intercommunication de tous les cycles culturels qui a divisé l’histoire en deux grandes époques : avant Vasco de Gama et après Vasco de Gama ».