La guerre de Troie a bien eu lieu

Hélène, Priam, Achille, Ménélas, Hector, Ulysse : autant de noms et de personnages qui, depuis plusieurs millénaires, stimulent notre imaginaire. Selon les Anciens, la guerre de Troie, racontée par Homère dans l’Iliade, se serait terminée, le 29 mai 1183 avant J.-C., avec la prise de la ville par les Grecs qui, après dix ans de siège, s’en sont emparés en cachant trois cents de leurs hommes dans le ventre d’un cheval de bois offert à Athéna, déesse protectrice de la ville.
Plus sérieusement, les historiens et les archéologues, après des années de recherche, ont mis au jour le site de l’ancienne Troie, détruite par les Grecs qui voyaient dans cette puissante ville un obstacle à la colonisation des rives d’Asie Mineure. La guerre de Troie a bien eu lieu…

Mon père ce héros

Sacrifice fait aux Mânes (d'après une fresque antique).
Sacrifice fait aux Mânes (d’après une fresque antique).

Qu’est-ce qui, à l’époque antique, a initié le culte des morts et des ancêtres ? On sait que dans la Grèce primitive, les morts se voyaient dévolus à une sorte de non-mort, à un état de semi-conscience de l’âme qui errait, sans but et sans raison, dans les Enfers. L’absence de conscience, de châtiments aussi, devait conduire fort logiquement au désintérêt total des vivants pour les morts… Pourtant, il n’en fut rien. Bien au contraire. Les Grecs comme les Etrusques et plus tard les Romains vont faire du culte des morts un des axes majeurs de leurs religions. Les Etrusques plus que les autres, eux qui élèveront d’imposants monuments en l’honneur de leurs ancêtres. Mais ce culte des morts, plus qu’un hommage aux ancêtres, doit être vu et compris comme une promotion des vivants à travers l’héroïsation des ancêtres. En clair, plus on rendait un culte important à ces ancêtres, plus on en faisait des personnages importants, plus on était, soi-même, important, le culte des morts agissant dès lors avec un "effet boomerang". Mon père était un héros, j’en suis donc un également -implicitement. D’où la création d’une véritable aristocratie des vivants comme des morts. D’où également une divinisation des morts, que l’on reconnaît aisément dans le culte rendu aux dieux lares.

Serfs et servage dans l’Antiquité

Médaille d'esclave grec ou romain.
Médaille d’esclave grec ou romain.

C’est bien à tort que l’on assimile le mot de servage ou de serf avec le Moyen Âge. C’est à tort également qu’on le confond avec l’esclavage. De fait, le servage est une condition intermédiaire entre l’esclave et l’homme libre. Certes, le serf n’est pas son propre maître et dépend d’un autre homme, mais il jouit d’une certaine protection légale, quant l’esclave n’est rien de plus que l’équivalent d’un meuble ou d’un animal.
La Grèce antique offre plusieurs exemples de servage. Le plus connu est le cas des hilotes de Sparte. Appelés à cultiver la terre, les hilotes n’avaient en principe aucun droit ni aucune liberté. Dans les faits cependant, ils étaient parfaitement libres de cultiver comme bon leur semblait, pouvaient améliorer leur condition de vie et même acheter leur affranchissement, le tout moyennant une redevance fixe.
Sous les Ptolémées et les Séleucides, le servage était également monnaie courante, notamment du au fait que les Grecs préféraient imposer une sujétion héréditaire plutôt que de réduire en esclavage. Une sujétion qui impliquait également l’attachement à la terre. Cette institution orientale semble avoir été le socle du "colonat" des Romains, qui devait se répandre au IIe et IIIe siècles de notre ère.
A côté des esclaves et des hommes libres, se forma alors une catégorie de plus en plus importante d’hommes demi-libres, de serfs. Apparu en Asie, en Egypte, en Afrique du Nord ou en Gaule, le colonat se composait de descendants de cultivateurs qui se voyaient assigner de petites exploitations découpées dans de grandes seigneuries. Hommes libres ayant tous les droits inhérents à la puissance paternelle, les colons étaient cependant fixés à la terre qui leur avait été attribuée -le colonat devient héréditaire au IVe siècle. S’ils abandonnaient cette terre, ils pouvaient être poursuivi comme des esclaves fugitifs. En revanche, nul ne pouvait les séparer de leur terre. Par ailleurs, ils devaient au maître ou au seigneur de la terre, 1/10e de leur récolte, ainsi que des corvées de travail sur les terres directement exploitées par le maître. Invités à produire le plus possible, ils avaient le droit de garder le produit de ce travail. 1/10e de la récolte quand, aux temps modernes, on doit 40% de son travail, de quoi faire -presque- rêver…

Sparte écrase Athènes

Depuis une soixantaine d’années, Sparte et Athènes, les deux plus importantes métropoles de la Grèce antique, s’opposent. Face à l’ambition d’Athènes, Sparte reste le seul recours des autres villes du Péloponèse, telles Corinthe et Thèbes. La guerre débute réellement en 431 av. J.-C..
Sparte, réalisant sa faiblesse sur mer, forge une marine expérimentée. Et en 408 av. J.-C., Athènes perd totalement le contrôle des mers au profit de son adversaire.
La chute d’Athènes n’est plus qu’une question de temps et assiégée par le roi Pausanias sur terre et par la flotte de Lysandre, la cité d’Athènes finit par capituler , le 25 avril 404 av. J.-C..

Antipater ou la fin de l’empire d’Alexandre

Médaille d'Alexandre le Grand.
Médaille d’Alexandre le Grand.

Contrairement à une idée répandue, la mort d’Alexandre le Grand n’avait pas signifié la fin de son empire. Prévoyant, tout entier tourné vers ses conquêtes, le Macédonien avait depuis longtemps prévu une forme de régence. La première d’entre elles, la plus ancienne, celle de la Macédoine, avait été confiée à Antipater, un valeureux lieutenant de Philippe, le père du Conquérant. Dès 334 avant J.-C., soit dès le début de l’expédition d’Alexandre en Asie, c’est lui qui assurera le gouvernement effectif du royaume. Cette régence, en quelque sorte, va d’ailleurs révéler immédiatement sa raison d’être, Sparte et la Thrace profitant de l’absence du souverain pour se rebeller. Des rébellions qu’Antipater s’empressera d’étouffer, confirmant par son action la confiance qu’Alexandre avait placé en sa personne. Ecarté pendant un temps suite aux intrigues d’Olympias, la mère du Conquérant, Antipater retrouvera sa place et son rôle… à la mort d’Alexandre (323 avant J.-C.) ! De fait, la situation était critique et la Macédoine, comme l’empire d’Alexandre, avait un besoin vital d’unité ou du moins d’unité affichée. De fait, Antipater saura admirablement incarner cette unité, luttant efficacement contre Athènes, contre Lamia ou contre toute autre ville affichant quelque velléité d’indépendance. Grâce à lui, l’empire d’Alexandre devait survivre à Alexandre… il ne se disloquera qu’en 319 avant J.-C., soit à la mort d’Antipater.

Thèbes, cité de légendes

Œdipe sera retrouvé par un berger, les pieds attachés, avant d'être confié à Polybe, roi de Corinthe (statue ancienne).
Œdipe sera retrouvé par un berger, les pieds attachés, avant d’être confié à Polybe, roi de Corinthe (statue ancienne).

De nombreuses légendes rattachent le nom de Thèbes à la mythologie antique. Fondée par Cadmos, elle aurait vu le règne des Labdacides mais aussi d’Œdipe et de ses frères ; elle aurait connu la guerre des Sept Chefs et celle des Epigones.
Ce qui est certain, c’est que Thèbes est une des plus anciennes cités fortifiées de la Grèce et qu’elle apparaît, dès le début de l’époque classique, comme la capitale de la Béotie.
République oligarchique, elle prend la tête de la ligue béotienne mais se heurte, à la fin du VIe siècle avant J.-C., à Athènes qui soutient alors l’indépendance de Platées. Par vengeance, elle s’allie aux Perses durant la seconde guerre médique mais sera vaincue par Mardonius à Platées (479 avant J.-C.). Une défaite qui annonce la fin de sa direction de la ligue Béotienne. Affranchie d’Athènes, la rebelle Thèbes va alors s’allier avec Sparte dans la guerre du Péloponnèse mais, après la prise d’Athènes et la crainte de voir l’hégémonie spartiate empiéter sur son indépendance la feront se rapprocher de son ancienne ennemie. Avec Athènes, Corinthe et Argos, elle forme, en 396 avant J.-C., la ligue contre les Lacédémoniens. L’échec de cette ligue sera d’autant plus douloureux qu’en 393 avant J.-C., Thèbes tombe aux mains des Spartiates.
Libérée en 379, la cité allait, après maintes vicissitudes, jouer le rôle de premier plan en Grèce entre 371 et 361 avant J.-C.. Pour peu de temps cependant : à nouveau battue par Sparte, Thèbes allait finalement succomber à la volonté de conquête de Philippe de Macédoine. A sa mort, la cité béotienne crut pouvoir se révolter. Elle en sera pour ses frais. Alexandre devait lui infliger un châtiment exemplaire : en 335 avant J.-C., le Macédonien donne l’ordre de raser la cité légendaire, ne sauvegardant que la citadelle de Cadmée et la maison de Pindare, le plus illustre des Thébains.

C’est la lutte finale…

Xerxès Ier (486-465 av. J.-C.).
Xerxès Ier (486-465 av. J.-C.).

Pour la seconde fois, les Perses tentent d’envahir la Grèce qui, cette fois, est unie face au danger. Après la sanglante -et si héroïque- défaite grecque aux Thermopyles, les Perses se sont emparés d’Athènes et du Pirée et préparent leur immense flotte à l’affrontement ultime. Nous sommes alors en 480 avant Jésus-Christ.
Après les Thermopyles, les Grecs avaient pris position au-delà du détroit de Salamine où, bloqués dans la baie, leur position semblait désespérée. Le bruit courait même chez les Perses que les Grecs allaient tenter de fuir durant la nuit. Alors les navires perses se précipitèrent dans le chenal.
Là, quelle ne fut pas leur surprise quand ils découvrirent une flotte, non pas en fuite, mais bel et bien prête à combattre un ennemi gêné par l’étroitesse du passage. L’étranglement du chenal jeta l’affolement dans les rangs perses dont les navires s’entrechoquaient, brisant leur rames et laissant tout loisir aux Grecs de les achever.
Après le combat de Salamine, les lambeaux de l’armée de Xerxès prirent péniblement le chemin du retour, en abandonnant, cette fois, définitivement, la conquête de la Grèce.

Hérodote, le père de la géographie

Buste d'Hérodote (v. 484 avant J.-C.-v. 425 avant J.-C.).
Buste d’Hérodote (v. 484 avant J.-C.-v. 425 avant J.-C.).

Hérodote, le plus illustre des voyageurs de l’Antiquité, est né vers 484 avant notre ère, à Halicarnasse, petite ville fondée dans la Carie, sur la côte de l’Asie Mineure, par les Doriens, l’une des quatre tribus helléniques. Le nom de son père était Lyxès, celui de sa mère Dryo. Son oncle Panyasis avait composé deux poèmes presque aussi populaires, en ce temps-là, que ceux d’Homère et d’Hésiode. Il était jeune et riche. Grâce aux relations commerciales de sa famille, il pouvait compter sur l’aide et les conseils des marchands grecs répandus dans tous les pays où commençait à poindre la civilisation. Le renom poétique de son oncle Panyasis lui assurait un accueil non moins favorable chez les prêtres et chez les philosophes, c’est-à-dire près des hommes les plus instruits de la terre, car la science était alors tout entière contenue dans la religion et la philosophie.
On sait aujourd’hui d’Hérodote, qu’il était fort jeune lorsqu’il commença ses voyages, puisque l’on considère comme incontestable qu’il avait seulement vingt-huit ans lorsque, à son retour, il fit la lecture de son histoire aux jeux Olympiques.  

La seule curiosité n’était point le but qui l’avait déterminé à entreprendre un voyage aussi long et aussi laborieux. En s’éloignant de sa patrie, vers l’an 464 avant Jésus-Christ, il ne cédait pas seulement au désir de s’éclairer sur des questions difficiles qui se rapportaient aux origines et au culte de son pays ; il avait conçu un projet plus vaste. À l’exemple d’Homère, qui avait chanté la première victoire signalée des Hellènes contre les Asiatiques (ou, comme on l’a dit, le premier triomphe de la civilisation de l’Occident sur celle de l’Orient), Hérodote se proposait d’écrire l’histoire des longues et mémorables luttes que les Grecs avaient soutenues contre la Perse, et qui s’étaient récemment terminées par les glorieuses victoires de Marathon, de Salamine, de Platée et de Mycale : il avait sagement pensé que la meilleure préparation à une œuvre si considérable était de visiter les nations les plus intéressées à ces événements et d’étudier chez elles-mêmes leurs annales, leurs institutions et leurs mœurs.
Ce fut, en effet, au retour de ses voyages et sous leur impression, qu’Hérodote composa le livre immortel qui lui a mérité dans la postérité le surnom de « Père de l’histoire » ; il n’aurait pas eu moins de titres à être nommé le « père de la géographie » : les descriptions physiques, les informations curieuses et de toute nature qu’il a si agréablement mêlées à sa narration historique sont restées des modèles qu’on n’a point surpassés dans l’art d’observer et d’écrire. Jamais peut-être on n’a enseigné plus de choses sous une forme plus charmante. Un de ses biographes, Visconti, semble n’avoir rien exagéré en disant que son livre est le plus intéressant et le plus agréable de tous les livres écrits en prose depuis vingt-trois siècles. Encore ne pouvons-nous guère aujourd’hui apprécier toutes les beautés de son style, dont l’harmonie est si douce, au témoignage de Quintilien, « qu’il paraît renfermer de la musique ».

Les Achéens ou l’histoire d’une expansion

Vestiges de la porte des Lionnes, à Mycènes.
Vestiges de la porte des Lionnes, à Mycènes.

Si dans les poèmes homériques le terme d’Achéens désigne indistinctement les Grecs participant au siège de Troie, il est certain qu’ils constituaient une famille bien particulière, sans doute la plus ancienne de la race hellénique.
Arrivés en Grèce au début du IIe millénaire avant J.-C., ces guerriers de type nordique, adeptes de l’usage du cuivre, refoulèrent les Pélasges dans les zones montagneuses et s’établirent en Thessalie puis dans la Grèce centrale et dans le Péloponèse, apportant une nouvelle langue d’où devait sortir le grec. Ignorants des choses de la mer, les Achéens se limiteront longtemps à la Grèce continentale où ils feront émerger la civilisation mycénienne (XVIe-XIIIe siècles avant J.-C.). La porte des Lionnes à Mycènes, l’Acropole de Tirynthe conservent le souvenir de cette race guerrière, prônant la force et la sévérité.
C’est en côtoyant les Crétois que les Achéens vont se faire marins. Ils établissent alors des relations commerciales avec l’Egypte, les Hittites, Chypre enfin. Mais c’est en profitant de la ruine de la civilisation minoenne que la civilisation mycénienne prend toute son ampleur et rayonne alors sur la Méditerranée orientale et en Sicile.
Guerriers grecs (dessin moderne).
Guerriers grecs (dessin moderne).

Vers 1200 avant J.-C., l’arrivée des Doriens -des Indo-européens de race nordique- bousculent les Achéens en Grèce. Sans doute est-ce la raison pour laquelle ils tentent alors de s’établir en Asie. Sans doute aussi est-ce ainsi qu’il faut voir ou interpréter la guerre de Troie (XIIe siècle avant J.-C.). En Grèce même, les Achéens seront désormais confinés en Thessalie et dans la partie septentrionale du Péloponèse qui prendra le nom d’Achaïe. Plus jamais les Achéens ne retrouveront l’aura qu’ils avaient eu. Ce ne sera pourtant pas faute d’essayer.
Au Ve siècle avant J.-C., l’Achaïe regroupe une douzaine de cités unies en une fédération. L’une des plus importantes, Hélikê devait disparaître suite à un tremblement de terre (373 avant J.-C.). La première fédération achéenne devait disparaître sans histoire mais, en 280 avant J.-C., une nouvelle "ligue achéenne" vit le jour. Indépendante sur le plan administratif, les cités de la ligue s’unissaient dans le domaine militaire ou de politique étrangère. La direction militaire était d’ailleurs confiée à un stratège unique. Sous l’impulsion d’Aratos de Sicyone, la ligue allait devenir une force militaire redoutable, capable d’affronter les Macédoniens (vers 243 avant J.-C.). La prise de l’Acrocorinthe par Aratos devait produire une onde de choc et rallier à la ligue achéenne les cités de l’isthme, privant ainsi Antigone Ier, roi de Macédoine, de clefs du Péloponèse. L’Arcadie entra ensuite dans la sphère d’influence de la ligue achéenne et de son chef militaire, Aratos, sans pour autant convaincre Athènes d’en faire autant. Cette tentative d’unir les Grecs du Péloponèse et de la Grèce centrale allait cependant se heurter aux ambitions de Sparte. Vaincue par le Spartiate Cléomène en 227 avant J.-C. à Mégalopolis, le ligue achéenne se tourna alors vers la Macédoine. Les rêves d’expansion des uns et des autres allaient finalement se heurter aux désirs d’expansion et d’influence de Rome qui profitera pleinement des querelles internes aux divers alliés. En 146 avant J.-C., les Romains abattent la ligue achéenne, s’emparent de Corinthe, pillent et rasent la cité. C’en était fini -et depuis longtemps, des Achéens.

Aux origines de la guerre de Troie

Hélène et Paris, d'après un vase grec.
Hélène et Paris, d’après un vase grec.

Les origines de la guerre de Troie, événement mettant en scène essentiellement des hommes, remontent à… une affaire de femmes.
Alors que les dieux célébraient en grande pompe le mariage de Thétis avec le mortel Pelée, la Discorde, Éris, surgit au beau milieu de la fête. Comme toutes les divinités, elle était porteuse d’un cadeau de prix : une magnifique pomme d’or, qui devait revenir… à la plus belle des déesses. Pour Éris, c’était un coup de maître, car, aussitôt, trois déesses se mettent en lice, sûre que la pomme doit leur revenir : il s’agit d’Athéna, d’Héra et d’Aphrodite. Certes, les trois déesses sont très belles, mais quel est le dieu qui osera désigner l’une plutôt que l’autre, au risque de s’attirer les foudres -le mot n’est pas trop fort- des deux autres ? Évidemment, les dieux sont loin d’être fous et préfèrent laisser ce genre de « cadeaux empoisonnés » aux autres, en l’occurrence les hommes…
C’est à un beau jeune homme, Pâris, fils du roi Priam, que va revenir l’honneur de choisir parmi les trois déesses. Après bien des hésitations, Pâris désigne enfin Aphrodite, qui lui a tout bonnement promis l’amour de la plus belle des femmes, Hélène de Sparte. Qu’Hélène soit déjà mariée importe peu pour Aphrodite, toute heureuse de voir confirmer ce dont elle-même ne doutait pas un seul instant : qu’elle était la plus belle !
Pâris, qui, pour un prince n’a décidément aucune notion de diplomatie, s’embarque donc pour Sparte, où Ménélas l’accueille à bras ouverts, le comblant d’attentions et de présents. Entre princes, cela va de soi ! Mais, le jour où Ménélas est appelé hors de Sparte pour raisons familiales, il charge son épouse de s’acquitter, à sa place, de son rôle d’hôte parfait. Hélène et Pâris sont désormais seuls et le jeune Troyen n’a plus qu’à laisser agir le charme que lui a octroyé Aphrodite : Hélène succombe et, abandonnant tout, mari et enfants, s’embarque pour Troie. Non seulement Pâris a volé la femme d’un prince -et pas n’importe lequel, un Atride- mais il a surtout bafoué les lois de l’hospitalité, si importantes en Orient… Un tel outrage demandait réparation : ce sera la guerre de Troie.